logo_rouge
Les Amis de Talleyrand
"Je veux que pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé, ce que j'ai voulu."
Retour AccueilEspace AdhérentContactGroupe FacebookS'abonner au flux RSS

Vie privée

'On apprend a faire ses adieux a ceux qui partent jusqu' au jour ou on fait ses adieux à ceux qui restent.'

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord est un homme politique ayant oeuvré dans la période mouvementée allant de l'Ancien Régime à la Monarchie de Juillet, en passant par la Révolution Française et l'Empire.

Ceux qui découvrent ce grand personnage qui a participé à la construction de notre Histoire trouverons ci-dessous le principal. Les plus connaisseurs trouveront des documents de détails tout au long de cette page et à la rubrique Publications.
 

Résumé et dates clés 

En supplément de cette page, vous pouvez consulter deux documents de référence de membres de notre association :
- biographie par André BEAU
- biographie par Pierre COMBALUZIER

Le diable boiteux


Né le 2 février 1754 à Paris, et mort le 17 mai 1838 à Paris également, il a connu et et servi successivement les gouvernements de Louis XVI, la Révolution et ses revirements, Napoléon Bonaparte, Louis XVIII, Charles X, et enfin Louis-Philippe,

Fin diplomate, il est considéré comme un maître en la matière. Il a aussi mis sa finesse d'esprit et son intelligence au service de questions économiques et financières.

Issu d'une vieille famille de haute noblesse, les Talleyrand-Périgord, il a débuté sa vie d'adulte comme ecclésiastique. Licencié en théologie, il devient Agent Général du Clergé (1780-1791), puis évêque d'Autun (1788-1791). Il abandonne ses charges ecclésiastiques pour se consacrer à ses activités politiques. Il devient ainsi président de l'Assemblée Nationale (février 1790), ministre des Relations Extérieures (1797-1799/1799-1807), Président du Gouvernement Provisoire (avril 1814), Ministre des Affaires étrangères (1814-1815), Président du Conseil des Ministres (1815), Ambassadeur de France au Royaume Uni (1830-1834).

Rarement un personnage public fut autant controversé. Adulé par certains, haï par d'autres, autant par ses contemporains que par les historiens, ses méthodes déconcertent et ne peuvent laisser indifférent.

Surnommé le 'diable boiteux', parfois serviteur zélé parfois traître, ce personnage a donné lieu à une citation célèbre, attribuée à Napoléon 'vous êtes de la merde dans un bas de soie !'. Cependant il est reconnu comme un libéral, pacifiste et homme des Lumières. On lui doit, directement ou indirectement, la nationalisation des biens de l'Église, l'Institut de France, le Traité de Paris (1814) qui fait la paix avec les Alliés, et la création de la Belgique fédérée actuelle. Ces sujets historiques sont détaillés à la rubrique POLITIQUE.

L'épicurien raffiné

Depuis son plus jeune âge suite à un accident, ou de naissance par hérédité (ce point est controversé), Talleyrand avait une particularité physique handicapante, un pied-bot. D'après ses mémoires, cette infirmité lui aurait valu le désamour de ses parents et une enfance délaissée, à l'avantage de ses deux frères.

Fervent amateur de la gent féminine, on lui prête de nombreuses 'amies' et une épouse, restée dans l'Histoire sous le nom de Catherine Grant. Certaines ont servi indéfectiblement sa cause en affaires, en faisant jouer leurs relations. Il eut un fils bâtard, Charles de Flahaut, et probablement d'autres enfants.

Gastronome et fin gourmet, en mets et en vins, il était aussi réputé pour le raffinement de son art de vivre et l'intelligence cultivée de ses conversations. Il a habité plusieurs lieux, selon ses fonctions, et notamment de grands hôtels parisiens et s'il a été nommé Prince de Bénévent (Italie, nord-est de Naples) par Napoléon, où il n'y mit jamais les pieds. Sa demeure refuge fut le château de Valençay, acheté en 1803 au comte de Luçay. Cet ancien manoir féodal du XIIème siècle, largement remanié et entouré d'une propriété de 12000 hectares a servi de prison dorée pour les princes d'Espagne de 1808 à 1813.
img_var/diapo/a1/ch1/1_prudhon.jpg
imagr vide
Talleyrand par Prud'hon
Talleyrand
Paying homage to Talleyrand at chateau Valençay
Signature de Talleyrand
Talleyrand caricature
Talleyrand par Gérard
Talleyrand
Talleyrand

2000 ans d'histoire, Patrice Gélinet (France Inter) - 25 mai 2007

img_var/talleyrand/7_prud_hon.jpg
img_var/talleyrand/7_prud_hon.jpg

De la naissance à la mort 

Enfance (1754-1769)

Charles-Maurice de Talleyrand- Périgord naît à Paris le 2 février 1754. Il est descendant d’une famille d’une très haute noblesse issue du Périgord et dont l’origine remontant au Xème siècle est attestée par une lettre patente de Louis XIII en 1613. Une généalogie remontant jusqu’au 16ème siècle présente 10 générations de cette illustre famille alliée souvent aux plus grands noms de France. Ses parents sont sans grande fortune, son père poursuit une carrière militaire toute tracée et sa mère a une charge à la Cour; un de ses oncles Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, successivement archevêque de Reims, cardinal et archevêque de Paris, aura un grande influence sur l’orientation du jeune Charles-Maurice vers la carrière ecclésiastique.

Charles Maurice naît avec un pied bot. Il souffre d’une maladie héréditaire connue sous le nom de « syndrome de Marfan » qui provoque cette déformation des deux pieds et non d’une chute du dessus d’une commode encore trop souvent mentionnée dans ses biographies d’après les indications fournies par lui-même dans ses Mémoires. Depuis les travaux du professeur Lacherez cette affirmation n’est plus discutée, elle est confirmée par Emmanuel de Waresquel dans son livre « Talleyrand, le prince Immobile » (chapitre 4). Dans ce livre il publie, en outre, un dessin représentant un oncle : Gabriel-Marie de Talleyrand, comte de Périgord, portant une chaussure sabot caractéristique de cette difformité.

Il est mis en nourrice jusqu’à l’âge de quatre ans puis envoyé tout enfant à Chalais en Charente chez son arrière grand-mère, la princesse de Chalais. Il relate dans un passage bien connu de ses mémoires le séjour qu’il fit, de 1758 à 1760, chez cette ancêtre qu’il admirait profondément. Il décrit la vie, déjà d’une autre époque, qui régnait dans ce vieux château et les us et coutumes encore de rigueur au sein de la minuscule cour qui entourait la vieille princesse.

Destiné à une grande carrière ecclésiastique (1769-1789)

Ses parents estimant que cet handicap physique lui ferme la carrière des armes, l’orientent vers la carrière ecclésiastique. Dans cette seconde moitié du XVIIIe siècle et dans son milieu, ce n’est pas une disgrâce qu’une telle carrière car, bien menée avec les appuis nécessaires aux moments utiles, elle est politiquement prometteuse pour les grands noms quand on peut prétendre au « chapeau » de cardinal. Charles-Maurice, grâce à son oncle, a à sa disposition les appuis nécessaires.

En 1762, Charles-Maurice entre au collège d'Harcourt à Paris. En 1769, alors qu’il n’a que quinze ans, il est envoyé chez son oncle Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord à Reims , alors évêque coadjuteur de l’archevêque duc de Reims, le cardinal de la Roche Aymon il y revêt la soutane.

Il est admis, en 1770, au grand séminaire de Saint-Sulpice où il demeure cinq ans ; fréquentant assidûment la bibliothèque du séminaire, il se nourrit de lectures qui étaient autant politiques que religieuses. La formation qu’il recevra dans ces murs le marquera toute sa vie ; Charles Maurice a toujours conservé du respect et de l’admiration pour ses maîtres de Saint-Sulpice.
Le 1er avril 1775, il est ordonné sous-diacre en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Il a 21 ans. Le 11 juin 1775, il assiste au sacre du roi Louis XVI en la cathédrale de Reims. Le 24 septembre 1775, le roi désigne

Charles-Maurice comme abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Denis de Reims : un premier revenu et une adresse officielle.
Il est excorporé du diocèse de Paris, à la demande de son oncle devenu archevêque de Reims, Cependant ce n’est pas à Reims que l'abbé de Périgord s’installe mais à Paris, il s'inscrit à la Sorbonne où, durant trois ans, il prépare sans trop d’effort une licence de théologie qu'il obtient le 2 mars 1778.

Talleyrand est ordonné prêtre dans la chapelle de l'Archevêché de Reims, le 18 décembre 1779, il célèbre la première des sept messes qu'on lui attribue. La deuxième, dite à l'intention de la famille, ayant lieu le lendemain, le 19, à l’occasion de sa nomination comme vicaire général du diocèse.

Le 10 mai 1780, il est nommé pour cinq ans l’un des deux agents généraux du clergé auprès de l’administration royale. Travailleur acharné, il prend très au sérieux sa tâche de défendre les biens et les privilèges de l’Eglise contre les empiétements et les assauts d’un pouvoir royal fort endetté, suite à l’expédition aux Amériques. Cependant, il sait déjà qu’il faut composer pour conserver l’essentiel ; c’est dans cet esprit qu’il formulera, sur la fin de son mandat, un projet qui visait à réformer l’administration de l’Eglise pour l’adapter aux exigences nouvelles.

Dans l’espérance d’un évêché, il continue à rendre visite régulièrement à son oncle qui lui a réservé un appartement dans sa résidence d’été au château de Saint Thierry près de Reims. C’est à l’occasion d’un de ses séjours à Saint Thierry, en 1783, qu’il a l’opportunité d’offrir l’hospitalité à William Pitt en voyage en France.

Le 21 avril 1785, de sa longue liaison avec la comtesse Adélaïde de Flahaut de la Billarderie, naît Charles de Flahaut ; aux dires d’André Beau c’est « le plus authentique de ses enfants naturels ».

Cette vie agréable mais fort libertine pour un candidat à un évêché l’obligera à patienter trois ans pour obtenir la mitre tant attendue. Le 2 novembre 1788, Talleyrand est nommé par le roi, évêque d'Autun. Louis XVI cède ainsi au voeu exprimé par le père mourant de l'abbé. Il est sacré évêque le 4 janvier 1789.

Il attendra près de deux mois avant de découvrir son évêché mais il prend vite conscience de la nécessité de sa présence à Autun s’il veut se faire élire député ; en effet, la réunion des États Généraux est prévue pour le 27 avril. Afin d’élire un député au nom du clergé, les abbés, prieurs, curés de paroisse sont invités à se retrouver à une assemblée préliminaire qui doit se tenir, le 28 mars, en présence de l’évêque d’Autun lui- même. Le 12 mars 1789, Talleyrand arrive à Autun et le dimanche 15 mars, il prend officiellement possession de son siège.

Le 25 mars 1789, il dit la messe pontificale en sa cathédrale. Le 2 avril 1789, Talleyrand est élu député aux Etats Généraux, par le clergé de son diocèse après une « campagne » rapide mais soigneusement menée.

Le 12 avril 1789, au matin de Pâques, il quitte son diocèse pour n’y plus revenir ; il reprend la route de Paris, un mois à peine après son arrivée. On comprend que son court passage n’ait laissé que des souvenirs mitigés aux Autunois.

Carrière politique

De 1789 à 1834, ce sont plus de 40 ans d'une vie politique mouvementée qui est détaillée à la page Vie Politique. Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord incarnant aussi bien les idées du « Siècle des Lumières » que les idéaux de la Révolution est le représentant de différentes périodes et même de différents mondes. Pétri des usages, des mœurs et du style de vie de l’ancien régime, il est aussi largement imprégné des idées libérales de la Révolution. Visionnaire politique, complètement indifférent au jugement de ses contemporains, ce personnage illustre, passionné de liberté et de paix servit, de la Révolution à la Restauration, des systèmes politiques aux destinées contradictoires qui disparurent dans la fureur de l’époque.

Prenant une part active et parfois décisive dans la vie politique de son temps, il est qualifié d’opportuniste, d’intrigant, de cynique, de girouette, voire de corrompu et même de traître à Napoléon, on doit cependant reconnaître que dans la vie politique de ces époques tourmentées il demeura fidèle toute sa vie à ses convictions et à la France. Ce diplomate talentueux et intelligent est considéré comme le père de la diplomatie moderne, il tient une place considérable dans l’histoire de la politique française et même européenne. Marx disait que Talleyrand, Metternich et Bismarck furent les trois dieux qui gouvernèrent l’Europe au milieu du XIX ème siècle.

La retraite et la mort (1834-1838)

Le 13 novembre 1834, de Valençay, le prince de Talleyrand envoie sa lettre de démission d'ambassadeur extraordinaire à Londres. Mme Dorothée de Dino et Royer-Collard aident à sa rédaction. Talleyrand partage désormais son temps entre son hôtel de la rue Saint Florentin, son château de Valençay, Rochecotte chez sa nièce la duchesse de Dino et son annuelle cure thermale.

Le 9 décembre 1835, mort à Paris de Mme de Talleyrand. Sa sépulture au cimetière de Montparnasse, bien que parfaitement identifiée et localisée, ne porte aucun signe extérieur visible en permettant la reconnaissance.

Le 18 février 1838, sur injonction de Mgr de Quelen, archevêque de Paris, l'abbé Dupanloup est conduit à rendre visite au prince de Talleyrand, gravement malade, qui entreprend alors son ultime négociation mais avec l’Eglise cette fois. Le pape exige une rétractation publique de l’ancien évêque, les tractations vont durer de longues semaines : la "conversion" de Talleyrand est en marche.
Le 3 mars 1838, le prince de Talleyrand, prononce sans lunettes, à l'Académie des Sciences morales et politiques, l'Eloge du comte Reinhard, son collègue diplomate.
Le 12 mai 1838, l'état de santé du prince de Talleyrand, déjà préoccupant, s'aggrave. Le 17 mai 1838, à 6 heures du matin, Charles-Maurice, prince de Talleyrand, signe, ce que l'on a l'habitude d'appeler sa déclaration de rétractation et sa lettre au Pape Grégoire XVI , mais on peut considérer à bon droit qu'il ne s'est pas rétracté. Il reçoit l’extrême onction; vers 8 heures du matin, le roi Louis-Philippe accompagné de Mme Adélaïde, sa soeur, rend visite au prince de Talleyrand, à l'article de la mort. A 3 heures 35 de l'après-midi, le prince de Talleyrand s'éteint à l'âge de 84 ans.

Les restes de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Talleyrand qui reposaient depuis son inhumation à Valençay, le 5 septembre 1838, dans la crypte familiale ont été remontés le samedi 22 mai 2010 dans la chapelle Notre Dame elle-même ; de l’ombre à la lumière !

Épilogue

Talleyrand né au « Siècle des Lumières » a traversé la période révolutionnaire pour venir mourir avec l’avènement de la bourgeoisie d’affaires triomphante ; au cours de sa longue vie, la France est passée de l’Ancien Régime aux prémices de la révolution industrielle.

Servant des régimes qu’il n’hésitait pas à abandonner quand le vent de l’Histoire les faisait tournoyer, celui que l’on a affublé du nom de « girouette » est constamment resté fidèle à ses convictions et à ses certitudes, c’est le vent de l’Histoire qui tournoyait, pas lui, l’homme aux idées immuables sous des apparences changeantes. Il vécut, en effet, ces changements de structures politiques sans céder un pouce de sa liberté mais au prix bien souvent de compromissions, voire de reniements. Ce n’est donc pas étonnant que « le diable boiteux » ait été vilipendé tout au long du XIX ème siècle tant son attitude et son personnage heurtaient le conformisme de l’époque. En revanche, la Comtesse de Boigne, qui a suivi de près la vie publique de Talleyrand depuis la chute de l'Empire, fait preuve dans ses Mémoires d'une lucidité voire d'une compréhension peu courante à cette époque.

Le regard porté sur lui, de nos jours, ne s’attarde plus à déchiffrer l’homme privé, ses mœurs, ses prévarications et ses dépravations mais s’attache à mieux cerner ses idées politiques qui malheureusement, dans l’époque agitée où il a vécu, n’avaient guère de chance de prévaloir : la paix sur la guerre, la diplomatie sur la violence et l’assentiment d’un peuple sur le droit divin ou sur la dictature. Cependant il a vu, avant de mourir, le début de la réalisation de ses espérances politiques en poussant au trône Louis-Philippe, « le roi des Français », qui met fin à la longue lignée des rois de droit divin.

Talleyrand doit être considéré comme ayant eu une vision politique européenne dans la mesure où il pensait que l’équilibre au sein de l’Europe ne pouvait être obtenu que par l’organisation de relations aussi harmonieuses que possible entre états légitimes. Dans ses idées la conquête de territoires n’avait pas un intérêt en soi et était inconciliable avec la liberté des peuples et des nations. Sa politique, tout au long de sa vie, fut de maintenir cette stabilité dans les relations entre les états, condition nécessaire à une paix durable en Europe, cette politique s'oppose frontalement à la politique centralisatrice et jacobine de l'empereur Napoléon. C’est dans cet esprit qu’il participe activement au règlement pacifique de la crise soulevée par l’insurrection de la Belgique.

Personnage hors du commun, Talleyrand a fait l’objet d’une considérable bibliographie, d'un important colloque international en 2004, de pièces de théâtre, de films, d’expositions, de voyages et même de poème et de timbres. Il a écrit des Mémoires (voir Gallica), qui furent publiées en 1891-1892;

Comme Talleyrand le souhaitait, il exerce, encore aujourd’hui, une fascination qui ne se dément pas sur tous ceux qui l’approchent, puisque l'on hésite pas à trouver dans sa vie et son action une similitude avec Churchill.

Auteur M. Pierre Guimbretière - Sources : André Beau (Le parcours de Talleyrand), Comte de Saint Aulaire (Talleyrand), Emmanuel de Waresquiel (Talleyrand, le prince immobile)



Famille, ami(e)s et ennemi(e)s 

L'enfant mal aimé ?

La famille Talleyrand-Périgord descend d'Aldabert, comte de Périgord, vassal d'Hugues Capet (990). Les parents de Charles-Maurice résident à Versaille à la cour de Louis XV. Son père, Charles-Daniel, était chevalier de Saint-Michel et lieutenant général; son oncle, Alexandre-Angélique, archevêque de Reims, puis cardinal et archevêque de Paris.

Talleyrand lui-même, dans ses mémoires, décrit son pied-bot comme la conséquence d'un accident survenu à ses 4 ans. Il est plus probable que Talleyrand ai souffert du syndrome de Marfan, une maladie héréditaire.

Cette infirmité aurait provoqué la déchéance de son droit d'aînesse par ses parents. De ses trois frères, l'ainé est mort enfant. Son cadet, Archambault, prend donc sa place pour le tire, les biens et la transmission du patrimoine familial. C'est également à ses frères cadets que reviennent les honneurs d'une carrière militaire et de mariages avec de riches héritières.

Il passe une partie de son enfance à l'écart de ses parents. D'abord chez une nourrice du faubourg Saint-Jacques pendant quatre ans. Puis trois ans avec son arrière-grand-mère, Madame de Mortenart-Rochechouart, au château de Chalais en Charente, fief historique des Talleyrand. S'ensuit un internat au collège d'Harcourt jusqu'à ses 15 ans. Puis placé chez son oncle archevêque, il entre au séminaire Saint-Sulpice à 16 ans.

Épouses, maîtresses et enfants.

Si Talleyrand n'a eu qu'une seule épouse, on lui prête de nombreuses maîtresses. Ses relations intimes portent sur des durées plus ou moins longues, mais ont la particularité de ne pas occasionner de rupture conflictuelles. Talleyrand est resté ami avec ses ex-conquêtes !

Son premier amour fut au séminaire, de 18 à 20 ans, avec Dorothée Dorinville, une actrice de la Comédie Française.

S'en suit la comtesse Adélaïde de Flahaut, avec qui il a un fils en 1785, le seul enfant assurément de lui, Charles de Flahaut.

Puis se succèdent Madame de Staël; une 'magnifique négresse' durant son séjour à Philadelphie; Agnès de Buffon qu'il demanda en mariage; Victoire Oeben, dont il aurait eu un fils qui n'est autre qu'Eugène Delacroix, le peintre, ... et bien d'autres !

Arrêtons-nous un instant sur Catherine Noël Worlee, ex Madame Grant, qu'il épouse en 1802 après avoir obtenu non sans mal une autorisation ambiguë du pape pour se marier (somme toute, il était évêque !). Voici de quelle façon. Le concordat signé le 15 juillet 1801 (dont Talleyrand est l'inspirateur des articles organiques), le Pape VII se limite à donner, à Saint Pierre de Rome, un bref rendant Talleyrand à la vie séculière et laïque. Le 9 septembre 1802, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Catherine-Noël Worlée, "La belle madame Grant" qu’il connaît déjà depuis un certain temps, signent leur contrat de mariage à Neuilly. Le 10 septembre 1802, mariage civil à la mairie de la "division" de la Fontaine-de-Grenelle, rue de Verneuil (Xème arrondissement). Le 11 septembre 1802 (24 fructidor an X), mariage religieux en l'église d'Epinay-sur-Seine.

De cette union, mais avant mariage, serait née une fille, Charlotte, en 1799, déclarée de père inconnu. Il en devient toutefois le tuteur en 1807. Il se sépare officiellement de Catherine en 1816.
Enfin, il rencontre en 1808, à l'entrevue d'Erfurt de Napoléon et Alexandre Ier, le tsar de Russie, Dorothée Von Biron, princesse de Courlande, agée alors de 15 ans, et sa mère, Dorothée également, la Duchesse de Courlande. Il obtient l'arrangement du mariage de Dorothée avec son neveu, Edmond de Talleyrand-Périgord, par l’intermédiaire du Tsar Alexandre 1er. Il lui demande d’intervenir auprès de la Duchesse Anna-Dorothéa pour solliciter la main de sa quatrième fille, Dorothée, qui a seize ans, en faveur de son neveu. Au cours de la seconde quinzaine d’octobre 1808, le Tsar se rend au château de Löbichau en Saxe près d’Altenburg où cette richissime duchesse tient cour recevant tous les grands noms de l’Europe et obtient ce que souhaite Talleyrand. Le mariage fut célébré, le 22 avril 1809, à Francfort-sur-le-Main. Talleyrand installe ainsi mère et fille à Paris. La mère, une femme de 48 ans dans toute sa splendeur, devient alors sa maitresse (lui en avait 55).

La fille, d'une beauté et d'une intelligence extrême, remarquées par tous, fini par se séparer de son volage mari qui passe son temps à la guerre dans les campagnes Napoléoniennes et accumule des dettes en jeux d'argent. A partir du congrès de Vienne, de 1814 à 1815, elle devient intime avec son oncle par alliance, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, de 39 ans son ainé. Elle ne le quittera plus, le suivant à Paris, Londres, et Valençay. Elle prend le titre de Duchesse de Dino (de part sa parenté par alliance : c'est sa nièce), petite île au large de la Calabre, attribué à Talleyrand par le roi des Deux Siciles, Ferdinand Ier. Une de ses filles, Pauline, est probablement de Talleyrand.

Dorothée duchesse de Dino, duchesse de Sagan, par Pierre Guimbretière.
Dorothée de Courlande est mariée, à 16 ans, au comte Edmond de Périgord, le 22 avril 1809, à Francfort-sur-le-Main. Après son mariage, elle vient habiter à Paris, chez Talleyrand, 2 rue Saint Florentin, accompagnée de sa mère la duchesse Anna Dorothea de Courlande. Talleyrand gardera une grande affection pour la duchesse de Courlande, jusqu’à la mort de celle-ci en 1821 mais émerveillé par la jeunesse et la grâce de sa fille Dorothée et désireux d’utiliser ses qualités d’aristocrate cosmopolite, il l’emmène avec lui au congrès de Vienne. A 21 ans, celle-ci est une des reines du Congrès de Vienne avec ses deux sœurs; elle contribue par son esprit et sa personnalité au succès des réceptions de son oncle.

Après le Congrès, Talleyrand tombant sous le charme de sa nièce et espérant la retenir près de lui achète pour elle, le 31 janvier 1818, le château de Bouges à peu de distance de Valençay. Elle n'habita pas dans ce très joli petit château. Déjà délaissée par son mari, et après quelques vicissitudes et divers ennuis de cœur, elle vient définitivement habiter chez son oncle rue saint Florentin et à Valençay. Dès lors, elle se comporte en maîtresse de la maison d’un homme qui recevait avec magnificence tous les personnages de son époque.

Le 30 avril 1828, la duchesse de Dino achète le château de Rochecotte, près de Langeais, en Touraine. Elle continue à assister son oncle pour qui elle est aussi une confidente et une conseillère jusqu’à sa mort en 1838 et obtient de lui qu’il se réconcilie avec l’Église. Après quelques années passées entre Paris et Berlin, elle part en 1844 pour son duché de Sagan en Silésie où elle règne en souveraine jusqu’à sa mort en 1862. Curieux destin franco-allemand que celui de cette princesse de Courlande que rien ne destinait à fonder une lignée française.


Ses contemporains, partisans et détracteurs.

Outre ses nombreuses relations féminines qu'il n'hésitait pas à employer à des fins politiques, Talleyrand ne laissait pas indifférent son entourage masculin.

Les réactions furent souvent haineuses, de part les ennemis qu'il s'était fait : 'les ultras (pour qui il était un révolutionnaire), l'Église catholique (se souvenant de la confiscation des biens de l'Église), les jacobins (pour qui il était un traître à la Révolution), les bonapartistes (qui lui reprochaient la trahison d'Erfurt)' (source Wikipedia). Fouché, Napoléon après la trahison, Chateaubriand, Victor Hugo, se sont fendus de quelques bons mots diffamatoires restés célèbres.

Peu enclin lui-même à la riposte, ses amis ou admirateurs se chargeaient de le défendre : Lamartine, Balzac, Goethe, Sainte-Beuve entre-autres.

Il entretiendra une amitié de 17ans avec Pierre-Paul Royer-Collard, avocat et homme politique.
img_var/diapo/a1/ch3/femmes02.jpg
imagr vide
Caricatuture 'Dites tout à tous' - © collection P. Maillard
Caricature 'L'homme aux 6 têtes'
Pierre-Paul Royer-Collard
Catherine Brant
Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino

Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat
Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat

Propriétés et lieux de vie 

Château de Chalais (Charente)

Demeure historique de la lignée des Talleyrand par Agnès de Chalais épouse Hélies de Talleyrand. Les Talleyrand prennent au XIIème siècle le titre de Princes de Chalais.
Charles-Maurice y passa 4 ans dans son enfance auprès de son arrière-grand-mère.
En 1883, il fut légué par le dernier Prince de Chalais à la ville pour en faire un hospice.
En 2011, il est vendu à l'artiste Yves Lecocq qui le restaure.

Les demeures parisiennes

Éminemment parisien pour ses activités et sa famille, le panorama de ses lieux de vie ou patrimoines à Paris ou sa banlieue est impressionnant. Il est né rue Garancière et a été en nourrice dans un faubourg. Pensionnaire au collège d'Harcourt (actuellement Lycée Louis le Grand), puis au séminaire de Saint-Sulpice, il a terminé ses études par la théologie à La Sorbonne.

Son premier logement était le Pavillon de Bellechasse rue Saint Dominique. Après un rapide séjour à Versaille pour les états généraux, il louera l'hôtel Bochart de Saron jusqu'en 1792.

A son retour d'Amérique en 1796, il loge à Auteuil puis à l'hôtel de Gallifet, puis l'hôtel de Créqui rue d'Anjou, puis l'hôtel de Matignon-Monaco.

Il achète enfin le 5 mars 1812, l'hôtel de l'Infantado, au 2 rue Saint-Florentin. Cet hôtel Saint-Florentin est le centre de la vie mondaine et politique française pendant des années, il est aussi la résidence où Talleyrand mourra en 1838. Vendu à la famille Rothchild, il a été occupé dès 1948, puis acheté en 1950 par le gouvernement américain, toujours actuel propriétaire, pour en faire le siège administratif du plan Marshall.

Toute sa vie, Talleyrand a acheté et revendu de belles résidences à Paris à Paris ou dans les environs, en pratiquant à l’occasion une opération financière fructueuse.

Les années à l'étranger.


Prudemment exilé volontaire à Londres en 1792, puis sur la liste des "émigrés", il résidait à Kensington Square. Ses fréquentations se limitaient aux autres exilés et à quelques amis anglais.
A lire : Le monde de Talleyrand à Londres

Puis, poussé hors d'Angleterre par l'Alien Bill, il parti à regret pour l'Amérique début 1794. Débarqué à Philadelphie, et attiré par de potentielles spéculations immobilières, il entreprend une tournée qui le ménera à New-York, Porthmouth, Boston, en passant par une visite aux chutes de Niagara.
A lire : le séjour de Talleyrand aux États-Unis

Il est de retour à Londres en 1830, cette fois avec les honneurs dus à son rang d'ambassadeur de France. Il réside à l'ambassade 5 Portland Place puis Hanover Square. Il était dans son élément au sein de cette société anglaise au régime politique proche des ses idées.

Château de Valençay (Indre)
Comme souvent, une villa gallo-romaine précéda un château médiéval,du Xème ou XIème siècle. Il revient à la Maison d'Estampes en 1451, et d'importantes transformations débutent en 1520, jusqu'en 1620, pour en faire un château moderne.

La Maison d'Estampes cède le château et ses terres en 1747. Il passe à travers les mains de plusieurs propriétaires, pour être vendu à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord le 7 mai 1803 par le comte de Luçay à court d'argent, pour 1,6 millions de francs.
Talleyrand achète la la " terre de Valençay " sur les conseils de Napoléon et avec, semble-t-il, son aide financière. L’empereur souhaitait qu’il puisse recevoir dignement les personnes qu’il voulait honorer, il y reçoit effectivement quelques personnalités en 1805 et 1806. Le Bicentenaire de cet achat est célébré avec faste, le 17 mai 2003, par notre association.

Talleyrand chargea Jean-Augustin Renard d'embellir la propriété. Bien que n'étant pas situé sur la Loire, il fait parti des plus prestigieux de ce style architectural. Chef d’œuvre de la Renaissance, il est célèbre pour la beauté de son architecture rehaussée par le magnifique donjon d’entrée. Pendant plus de trente ans, « les Terres de Valençay, Luçay et Veuil » d’une superficie totale de 20.000 arpents (12.000 ha), un des plus grands domaines de France, seront la propriété du prince de Talleyrand. Meublé avec faste par le nouvel acquéreur, « mobilier très riche, des marbres, des tableaux, des gravures, une bibliothèque de dix mille volumes », digne des grands châteaux anglais, notait un visiteur en 1826, et aussi un cabinet de curiosités. Le château conserve encore aujourd’hui, une grande partie de son exceptionnel mobilier d’origine

Talleyrand ajoute le pavillon de la Garenne « pavillon de chasse » construit de 1805 à 1809 et fait créer un très joli petit théâtre, sur la suggestion de Napoléon qui pense à la distraction de ses prisonniers, les Infants d’Espagne. En effet, il a servi de prison dorée pour les princes d'Espagne de 1808 à 1813. En revanche, le très élégant château de Veuil, déjà en mauvais état, a été utilisé comme carrière de pierre pour l’entretien et des travaux de restauration du château de Valençay.

Talleyrand y vécu à partir de 1816. Il fut maire de Valençay et remis en exploitation la filature du château. Il fit don de terrains, d'un clocher et d'un nouveau cimetière à la commune.
Toujours propriété des Taleyrand par descendance de son petit neveu Napoléon-Louis, fils de la Duchesse de Dino, il accueilli secrètement les œuvres du Musée du Louvre pendant la seconde guerre mondiale.

Depuis 1979, il appartient à une association regroupant le département de l'Indre et la commune de Valençay.
Il est le siège de notre association, mais accueille surtout des visites et activités touristiques et culturelles. www.chateau-valencay.fr

Propriété de Pont-de-Sains

Le 18 octobre 1801, Talleyrand, conjointement avec Catherine Grand qui deviendra quelques mois plus tard son épouse achète la terre de Pont de Sains qui d’après la duchesse de Dino « n’est rien que la maison d’un maître de forge placée entre un étang et une usine, entourée d’une prairie et d’immenses forèts….
En 1826, la princesse de Talleyrand abandonne ses droits à son ex mari contre une majoration de sa pension. Par héritage, ce bien demeure dans la famille de Castellane qui le vend en 1918.

Château de Löbichau

Propriété de Dorothée Duchesse de Courlande. [[[ à compléter ]]]

Château de Bouges-le-château (Indre)


Construite en 1765, à proximité de Valençay, cette belle demeure de type château à l'italienne a été acheté par Talleyrand en 1818, probablement pour sa maîtresse en concubine Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino. Il le revend en 1826.

Bourbon-l'Archambault (Allier).

Cette commune est réputée pour ses sources thermales, découvertes par les romains, rendues célèbres au XIIIème siècle et redécouvertes au XVIIème.
Souffrant de complications et d’inflammations du fait de son pied-bot, Talleyrand y fit une trentaine de cures entre 1799 et 1832.
img_var/diapo/a1/ch4/1280px-chalais_chat7.jpg
imagr vide
Château de Chalais
Château de Valençay par Fraipont
Château de Valençay - © M. Chassat
Château de Valençay, carte postale

Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat
Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat

Le gastronome 

'Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier'

Accusé de tous les vices par ses ennemis, il avait de façon certaine celui des jeux d'argent et de l'opulence. Mais faut-il aussi lui reprocher la bonne chère et la finesse de sa table alors que ce travers là a servi des desseins diplomatiques ?

A l'Hôtel Saint-Florentin, la cuisine occupe tout un quartier (source Wikipedia). Diplomates, préfets, ecclésiastiques, médecins, financiers et hommes d'affaire se succédaient à sa table à Valençay.

Toujours entouré de cuisiniers hors pair, il employa les services du célèbre pâtissier-cuisinier Antonin Carême, 'le roi des chefs et le chef des rois'. Il l'emmena dans ses bagages pour représenter la France au congrès de Vienne. Les cuisines du palais Kaunitz avaient été louées le temps du congrès, et tous les matins Talleyrand y descendait pour donner ses instructions, mais surtout recueillir les informations tombées dans les oreilles de l'équipe Carême qui servait en salle.

On connait sa préférence pour les vins sucrés, le Xérès et surtout pour le Madère. Pour autant il achète en 1801 le déjà célèbre cru bordelais Château Haut-Brion pour 255.000 francs. Il le rendra 300.000 en 1804. Pure opération spéculative ?

Les questions de bouche étaient de tout premier ordre pour lui, tellement qu'il laissa des instructions très précise sur les mets et vins à servir à ses hôtes forcés de Valençay, les Princes d'Espagne assigné à résidence par Napoléon : '... Lambert donnera pour vin d'ordinaire du vin de Valençay à toutes les tables. Pour autre vin, il servira celui de Bourgogne qui s'avance...'.

On rapporte également l'anecdote d'un repas regroupant convives anglais, italiens, suisses, hollandais, au-cours duquel Talleyrand réussi à faire sacrer le brie 'roi des fromages'.
img_var/diapo/a1/ch5/1_valencay_cuisine_pyperpote.jpg
imagr vide
Les cuisines de Valençay - ©Pyperpote (JL. Cauffry)
Etiquette Château Haut-Brion
Met de poisson
Antonin Carême

img_var/diapo/a1/ch4/1_valencay_cuisine_pyperpote.jpg
img_var/diapo/a1/ch4/1_valencay_cuisine_pyperpote.jpg

Santé et infirmité 

Qu'il soit congénital comme le pensent les spécialistes, ou accidentel comme le rapporte Talleyrand lui-même, le pied-bot lui a très certainement occasionné une enfance malheureuse.

De sa vie d'adulte, nous avons témoignage d'un appareillage orthopédique imposant, avec des épisodes inflammatoires qui devaient provoquer de fortes souffrances. Pour les atténuer, dès 1800 à 46 ans, Talleyrand faisait presque chaque année une cure thermale à Bourbon-l'Archambault. Il y allait accompagné de sa suite et de son médecin. Une piscine lui était réservée ainsi qu'un accueil particulier que l'on qualifierait aujourd'hui de VIP. Il fit 2 ou 3 infidélités en changeant pour Cauteret, Bagnères-de-Bigorre et Wiesbaden, mais revint finalement à Bourbon-l'Archambauld.

Nous trouverions son hygiène de vie assez particulière. Il ne faisait qu'un seul repas, le soir, mais qui en valait trois !

Sur la fin de sa vie il se fragilise. En 1832, il a alors 78 ans, il tombe et prend un mauvais rhume.

Il passe ses dernières années à Valençay dans un fauteuil roulant offert par Louis-Philippe : c'est celui de Louis XVIII, retrouvé aux Tuileries !
Appareillage du pied-bot de Talleyrand
Appareillage du pied-bot de Talleyrand

Appareillage du pied-bot de Talleyrand
Appareillage du pied-bot de Talleyrand

Art de vivre 

Talleyrand chez lui, à Paris ou à Valençay au temps de son intense activité politique, n'a guère de vie privée: il a des relations avec tous les grands noms de l’Europe. Maître de maison accompli, imprégné des manières et de l’art de vivre de l’Ancien Régime et disposant la plupart du temps de ressources considérables, Talleyrand reçoit magnifiquement. Il reçoit même dès son lever ordonné comme celui du roi du temps de l’Ancien Régime. L’invraisemblable scène du lavage du nez et de la gorge est bien connue.

Il offre des dîners somptueux aussi bien rue Saint Florentin qu’à Valençay, à Vienne ou à Londres. Antonin Carême, « le cuisinier des rois et le roi des cuisiniers » sera le responsable de l’ordonnancement de ces dîners à l’Hôtel Saint Florentin de 1808 à 1814.

Être invité à sa table était un honneur suprême. Une véritable étiquette règle l’ordonnancement de ces dîners, auréolés de la présence de sa nièce par alliance, Dorothée, devenue plus tard duchesse de Dino. André Beau dans deux articles « Talleyrand, la vigne et le vin » et « Les hôtes de Talleyrand à Valençay» donne de très intéressantes précisions sur le cérémonial et les invités reçus à la table de Talleyrand.

Talleyrand joue au trictrac et surtout au whist. Les parties durent fort longtemps et donnent l’occasion de rencontres discrètes. Talleyrand fut un curiste persévérant qui attendait de ses nombreuses cures thermales un soulagement aux douleurs causées par son infirmité. Il effectua une trentaine de cures à Bourbon-l’Archambault, depuis juillet 1801. Talleyrand fit quelques infidélités à Bourbon-l’Archambault, sa station préférée, en particulier mais non exclusivement, en 1806 à Wiesbaden proche de Mayence où il avait rejoint Napoléon et en juillet 1829 à Aix- La-Chapelle. Il se rendit pour la dernière cure de sa vie en 1835 à Bourbonne-les-Bains, où il était déjà venu en 1813.

Le prince de Talleyrand revient à Valençay en 1816 après le départ des princes d'Espagne, il partage son temps alors entre son château et l’Hôtel de la rue Saint Florentin à Paris. Toujours grand seigneur, il y donne des réceptions qui ne le cèdent en rien à celles de Paris A partir de 1834, il en fera pratiquement sa résidence principale mais en allant souvent au château de Rochecotte, lieu de résidence de sa nièce Dorothée de Dino.

Auteur Pierre Guimbretière




TALLEYRAND

Ephémérides

Vie privée

Vie politique

Bibliographie

Iconographie

Médiagraphie

Citations

Ses écrits

L'ASSOCIATION

Actualités

Agenda

Vie de l'association

Publications

Qui sommes-nous ?

Espace adhérents

Contact

AUTRES

Retour Accueil

Groupe Facebook

S'abonner au flux RSS

Mentions légales