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Les Amis de Talleyrand
"Je veux que pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé, ce que j'ai voulu."
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Vie Politique

'La barbarie est toujours à deux pas, rôdant autour de la civilisation; dès qu’on lâche pied, elle revient.'

De cette période trouble de gouvernances qui a ponctuée sa vie, on a voulu surtout retenir son rôle fondamental de diplomate, dont le point d'orgue a été le congrès de Vienne. Pourtant, Talleyrand s'est aussi mêlé de près aux questions économiques, institutionnelles et sociales. Héritier de la philosophie des Lumières, il a été constant sur au moins une chose, sa défense et mise en pratique de la doctrine libérale, dans le sens de liberté qu'elle avait à l'époque.
 

Monarchie (1775 - 1789) 

Les débuts dans l'Église.

Sorti des études et du séminaire avec un baccalauréat en théologie, acquis davantage par relation que par son travail, il est déjà à 21 ans, député de l'Assemblé du Clergé qui gère les questions d'argent entre la monarchie et l'église, alors exonérée d'impôt.
Vous trouverez plus de détails sur les aspects privés et familiaux à la rubrique Biographie.

Il doit sa faculté de monter très vite les échelons ecclésiastiques, contre sa réelle volonté, à son oncle l'évêque de Reims. De député du second ordre il passe ainsi dès 1780 à Agent Général du Clergé de France. Cette fonction l'amène à négocier les biens de l'Église pour faire front aux demandes d'argent de Louis XVI. Il évite ainsi une confiscation par l’octroi d'un don gratuit de 15 millions de livres, en 1782.

Initiation à l'économie et la diplomatie.

Sa gestion de la crise du bas clergé et de la Caisse d'Escompte (ancêtre de la Banque de France), le forme à la finance et à la diplomatie.

Dans le même temps, on le voit dans les salons libéraux. Il se lie avec le sulfureux Mirabeau, la maison d'Orléans et l'impopulaire contrôleur des finances Calonne. Il aiguise ainsi ses armes d'économiste, en participant au traité de commerce avec l'Angleterre.

Sur la volonté et grâce à la requête de son père, il atteint l'apogée de sa carrière ecclésiastique en étant sacré évêque d'Autun en janvier 1789 et député du clergé d'Autun en avril.

C'est à ce titre qu'il se rend aux États Généraux le 5 mai 1789, considérés comme le début de la Révolution.
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Mirabeau, voisin et ami dès 1785
Ouverture des États Généraux le 5 mai 1789
Vue de la ville d'Autun vers 1780


Révolution (1789 - 1799) 

Le Citoyen législateur (1789-1769)

Le 5 mai 1789 a lieu l’ouverture solennelle des Etats généraux du Royaume. Commence alors pour Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, entre sa nomination et la fin de l’assemblée constituante, le 30 septembre 1791, une période d’intense activité. Dès le 14 juillet 1789, Talleyrand est nommé membre du Comité de Constitution de l'Assemblée Nationale. Talleyrand a alors 35 ans.

En août 1789, il fait adopter sa proposition de rédaction de l'article 6 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen : " La loi est l'expression de la volonté générale …. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.... ".

Le 10 octobre, pour renflouer les caisses de l'État, Monseigneur l’évêque d’Autun donne sa " Motion sur la nationalisation des biens ecclésiastiques ". Cette prise de position marquera sa première accusation de traîtrise, envers sa famille et ses anciennes fonctions au sein du clergé. Ces accusateurs, constitués d'une partie de l'Église, redoublent de véhémences quand il propose d'accorder aux juifs le statut de citoyen (1790).

Le 16 février 1790, l'évêque d'Autun est élu à la présidence de l'Assemblée Nationale.
En mars 1790, il prononce un discours qui devait faire démarrer le processus " d’ établissement du système métrique ".

Le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ de Mars, lors de la Fête de la Fédération.
Le 13 janvier 1791, il donne sa démission d’évêque d’Autun. Le 24 février 1791, il se voit obligé de sacrer lui-même deux, puis quatorze évêques de la constitution civile du clergé, malgré sa démission de sa charge épiscopale. Cela provoque la colère du Pape Pie VI qui le menace d'excommunication

Juste avant la dissolution de l'Assemblée Constituante en septembre 1791, il fourni un rapport sur l'instruction publique qui sera à l'origine de la création de l'Institut de France qui regroupe l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

Pour mieux appréhender le travail considérable accompli par Talleyrand de 1789 au 30 septembre 1791 date à laquelle l'Assemblée constituante arrête ses travaux et Talleyrand cesse d’être député, il convient de se reporter à la partie de l’article d’André Beau " le Parcours de Talleyrand " les années citoyennes dans laquelle, on trouvera la liste impressionnante des motions et rapports présentés par Talleyrand, en particulier dans le domaine financier où il excelle.

Début 1792 la guerre est considérée comme inéluctable, l’Assemblée Législative veut envoyer une mission à Londres pour se concilier les bonnes grâces de l’Angleterre. Talleyrand semble tout indiqué pour cette mission qu’il accepte avec empressement. Il revient en France le 15 juillet, avec la neutralité de l’Angleterre en poche.
Auteur Pierre Guimbretière.


La Terreur, en douceur mais en exil (1792-1796)

La journée du 10 août 1792 et la prise des Tuileries par le peuple, marque la fin de la monarchie constitutionnelle et le début proche de la Terreur (massacres de septembre).

La nouvelle assemblée prend le nom de Convention, les difficultés extérieures et aussi intérieures se multiplient. Talleyrand anticipe le danger et obtiens in-extremis le 7 septembre un ordre de mission de Danton pour travailler à Londres sur le système de mesures. Il part le 10 septembre avec un mandat qui lui permettra de prétendre qu’il n’était pas un émigré.

Il était temps, en effet, l'armoire de fer découverte aux Tuileries peu de temps après son départ dans les appartements de Louis XVI recèle des papiers qui révèlent ses relations avec la famille royale et qui le compromettent. L’acte d'accusation dressé contre lui en décembre 1792 conduit à une demande d’arrestation et le font porté sur la liste des émigrés en août 1793.

Il vit donc à Londres, profitant de la chose pour se faire des relations parmi des anglais influents et d'autres émigrés. Au cours de son séjour , il vint souvent rendre visite à un groupe d’illustres émigrés français réunis à Juniper Hall.

Mais le roi Georges III ordonne son expulsion dans le cadre de l’Alien Bill. Il est donc forcé de partir en mars 1794 et se réfugie aux États-Unis, à Philadelphie, puis New-York et Boston. Pour vivre, il se transforme en homme d’affaires et en spéculateur, parcourant l’intérieur du pays à la recherche d’éventuelles lucratives opérations immobilières. Tout en se lançant dans des opérations financières il ne manque pas d’étudier de près les mœurs politiques et la vie économique du pays qui l’accueille. A lire : le séjour de Talleyrand aux États-Unis

Il attend patiemment la fin de la Terreur pour œuvrer à son retour par l'intermédiaire de Madame de Staël. Il obtient gain de cause et Talleyrand, radié de la liste des Emigrés, peut revenir à Paris le 20 septembre 1796, sous le Directoire fraîchement constitué.

Ministre sous le Directoire (1796-1799)

Revenu en France, Talleyrand s'installe dans son fauteuil à l'Institut de France où il a été élu en son absence en septembre 1795.

Brigand le poste de Ministre des Relations Extérieures, il publie deux essais sur la situation internationale, dont dont le 3 juillet 1797, son Essai sur les avantages à retirer des colonies nouvelles dans les circonstances présentes. Mais il a toujours de nombreux détracteurs qui, à cause de ses liens avec les Orléans, voient en lui un contre-révolutionnaire.

Il réussit à obtenir de Barras le portefeuille des Affaires étrangères, le 16 juillet 1797, grâce à de nouveau l’intervention pressante de Mme de Staël qui s’emploiera à cette démarche avec élan et sans arrière pensée. Il oublie vite, en Mme de Staël, la personne dévouée à l’extrême qui l’avait remis en selle et lui avait permis ce retour en grâce.

Pendant le Directoire, le pouvoir est associé plus à un moyen de jouissance qu’au service de la nation. Talleyrand trouve son compte dans cette ambiance de facilité, voire de malversations et de corruption. Il mélange activité diplomatique et enrichissement personnel. ll fait rapidement fortune non sans subir quelques mésaventures comme dans des négociations avec les Etats-Unis pour la vente de la Louisianne, connues sous le vocable de " l’affaire XYZ " ou de " quasi war " aux Etats-Unis. Dans cette affaire, les conditions préalables mises à l’ouverture des négociations, parmi lesquelles des " douceurs " dûment chiffrées pour le ministre des Relations Extérieures scandalisèrent les plénipotentiaires américains.

Prenant prétexte de cette nomination, il écrit à Napoléon Bonaparte alors en plaine campagne d'Italie, pour se faire connaître et se faire valoir. Bonaparte est séduit, et débute une forte relation épistolaire.
Il l'encourage à repartir pour la campagne d'Egypte, mais en prenant soin de ne pas y être impliqué.

Il a beaucoup d'ennemis au sein du Directoire, ce qui restreint sa marge de manœuvre pour son ministère. Il est souvent cantonné à un rôle d'exécutant, les Directeurs choisissant eux-mêmes les ambassadeurs. Il s'attache à rassurer les États européens et obtenir l'équilibre et la paix. Il manifeste son opposition à la 'politique de libération' du Directoire qu'il juge néfaste '… que le système qui tend à porter la liberté à force ouverte chez les nations voisines, est le plus propre à la faire haïr et à empêcher son triomphe.' Il réussit tout de même à placer des gens efficaces, discrets et fidèles dans l'administration du ministère.

Le 20 juillet 1799, accusé de malversations, Talleyrand démissionne de son ministère.
Ce faisant, il a la prescience qu’un tel régime court rapidement à sa perte, il décide alors de précipiter l’événement. Il encourage activement un jeune général, Bonaparte, à prendre le pouvoir et contribue à la préparation du coup d'État du 18 Brumaire. Il a, en particulier, la tâche de faire démissionner Barras ; il réussit à merveille cette opération sans avoir à lui verser les sommes importantes qui devaient l’encourager à se résigner au départ.


L’entreprise menée à bien, Bonaparte n’oublie pas Talleyrand. Celui-ci retrouvera son poste de Ministre des affaires étrangères sous le Consulat, poste qu’il conservera sous l’empire jusqu’en 1808. Talleyrand prend alors une place importante auprès de Napoléon et se rend indispensable dans les relations internationales du Consulat puis de l'Empire.
Auteur Pierre Guimbretière

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Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789
L'Institut de France vu du pont des Arts
Madame de Stael
Napoléon devant le Conseil des 500 le 19 brumaine
Paul Barras, le seul Directeur a être resté du début à la fin du Directoire
Fête de la Fédération le 14 juillet 1790, serment de La Fayette


Période napoléonienne (1799 - 1814) 

Ministre sous le Consulat (1799-1804).

Il retrouve son ministère des Affaires Étrangères après le coup d'État du 18 Brumaire (novembre 1799). A ceci près qu'il rapporte maintenant directement à Napoléon Bonaparte et à lui seul. A ceci près qu'il rapporte maintenant directement à Napoléon Bonaparte et à lui seul. A partir de ce moment, Talleyrand tient une place importante auprès de Bonaparte. Il incarne aussi bien les valeurs de l’Ancien Régime que les principes de la Révolution ce qui permet à Bonaparte de jeter un pont entre son régime naissant et celui historique de la France. Il est en outre un homme de paix préconisant la stabilité des relations entre les États européens et Bonaparte a alors besoin de paix à l’extérieur pour faire accepter son intrusion sur la scène européenne par les états " légitimes ".

Talleyrand voudrait des réconciliations. Napoléon Bonaparte accède à sa demande et écrit en ce sens au Roi de Grande-Bretagne et à l'Empereur d'Autriche qui n'accusent même pas réception.

Le tsar de Russie Paul Ier est plus réceptif et signe un traité. Malheureusement il est assassiné en 1801, son fils Alexandre Ier lui succéde.

La pacification des relations avec les États-Unis se fait en septembre 1800 par le traité de Mortefontaine, avec l'Autriche (vaincue à Marengo) en février 1801 par le traité de Lunéville, avec la Grande-Bretagne et l'Espagne en mars 1802 par le traité d'Amiens. Mais ces accords sont négociés par les Bonapartes, Napoléon et Joseph. Talleyrand en désapprouve la brutalité de la méthode mais en reconnaît l'efficacité pour apporter la paix, ce qui favorise bien ses affaires. En effet, en perpétuel besoin d'argent, il n'hésite pas à soutirer des pots de vin à chaque dignitaire étranger qui passe. Talleyrand signe donc, sans les avoir inspirés, le Traité de Lunéville le 9 février 1801 puis le 24 mars 1802, la paix d'Amiens.

C'est tout de même lui qui est à l'origine de la nomination de Napoléon Bonaparte comme Président de la République Italienne.

Talleyrand est l'inspirateur des articles organiques du Concordat de 1801 mais ne mène pas les négociations jusqu'à leur terme car il ne peut fléchir le Saint Siège concernant son cas personnel qu’il aurait voulu voir inclus dans l’article relatif aux ecclésiastiques mariés. Le Concordat est néanmoins signé le 15 juillet 1801

Cependant le calme napoléonien est de courte durée et Bonaparte reprend ses velléités guerrières en annexant le Piemont, l'ïle d'Elbe, la Suisse et chatouille les anglais à Malte. En 1803, la brouille avec les anglais est actée.

Bonaparte est la cible d'attentats de plus en plus nombreux de la part des royalistes. Talleyrand lui aurait alors conseillé de 'mettre entre les Bourbons et lui un fleuve de sang '. S'en suit en 1804, l'enlèvement du duc d'Enghien qui sera aussitôt fusillé après un procès bâclé.
On ne sait pas s'il a été simple inspirateur ou participant. Par la suite il fera disparaître tous les documents le compromettant dans cette affaire.
Bonaparte nomme Talleyrand Grand Chambellan en juillet. Titre plus qu'honorifique, il indiquait une place importante dans la proximité de l'empereur.

Et encore Ministre sous l'Empire (1804-1814).

Le 2 décembre 1804, Talleyrand assiste au sacre de l'empereur Napoléon 1er.

Il suit l’Empereur dans son périple à travers l'Europe pour la campagne d'Allemagne, dès 1805.
Depuis quelques années déjà, Napoléon, appuyé sur une armée puissante et sûr de son génie militaire, écrase les coalitions sans cesse renaissantes ; c’est la grande époque des victoires des guerres napoléoniennes. Napoléon impose sa loi aux autres nations de l’Europe continentale. Metternich disait en 1809 de Napoléon qu'il était "le souverain de l'Europe" tant il a essayé de modeler cette Europe à sa manière, même si ce ne fut que d'une manière éphémère. Talleyrand ministre des affaires étrangères est entièrement au service de l’empereur qu’il suit dans ses campagnes victorieuses avec ses collaborateurs et ses secrétaires. Le 2 décembre 1805, c’est la victoire d’Austerlitz, Le 26 décembre 1805 (6 nivôse an XIV), Talleyrand signe avec l'Autriche la Paix de Presbourg en cherchant à ménager ce pays

Bien que servant Napoléon, avec dévouement voire avec zèle et flatterie parfois, Talleyrand demeure, en effet, fidèle à ses convictions, partisan de la paix, des relations commerciales et de l’équilibre entre les nations européennes. Il est, au sein de l’entourage de l’empereur, la seule personnalité qui ose lui faire connaître ses positions et qui tente, à de nombreuses reprises mais toujours en vain, de freiner ses ardeurs guerrières. Il soutient, en particulier lors de la signature de la Paix de Presbourg la position de ne pas humilier l’Autriche en la démembrant en en faisant, de ce fait, un ennemi implacable mais au contraire de s’en faire un allié en lui offrant une paix honorable.

Il rédige donc contraint, sur ordre de l'Empereur, le traité de Presbourg créant la Confédération du Rhin. Ses tentatives d'adoucir les conditions de soumission de l'Autriche, déplaisent fortement à Napoléon qui le soupçonne de corruption.
En 1806 Napoléon lui donne pourtant l'État de Bénévent confisqué au pape, avec le titre de Prince. Talleyrand n'ira jamais, dépêchant un gouverneur pour l'administrer.

Il est de plus en plus critique de la politique conquérante de Napoléon, qui n'écoute pas ses conseils de modération. En novembre 1806, l'Empereur décrète le blocus continental qui empêche le Royaume-Unis d'écouler ses exportations.

Talleyrand commence alors à se rapprocher d'Alexandre Ier de Russie à qui il délivre des informations.

Napoléons continue d'accumuler des victoires et Talleyrand de manifester son désaccord sans être écouté. Les 7/9 juillet 1807, il rédige, toujours contraint, le traité de Tilsit avec la Russie et la Prusse, tout en se déclarant indigné des conditions réservées aux vaincus.
Il démissionne alors de son poste aux Affaires Étrangères en août 1807 et prend le titre de vice-grand-électeur de l'Empire. Il reste conseiller de Napoléon.

La rupture avec l'Empereur.

Arrive la question espagnole. Talleyrand aurait suggéré à l'Empereur une intervention en Espagne. Cependant, il se rétracte rapidement au vu de la situation générale en Europe. Par la suite, il affirmera avoir toujours été contre, et, là encore, détruira tous les documents se rapportant à l'affaire.

Il se plaint de ce que Napoléon fasse l'inverse de ses recommandations. alors qu'il conseille un rapprochement avec Ferdinand, Napoléon capture les infants d'Espagne. Qui plus est, il en confie la séquestration à Talleyrand, en son château de Valençay. Le 18 mai 1808, sur ordre comminatoire de Napoléon, Talleyrand "accueille" donc à Valençay, les infants d'Espagne, don Ferdinand, don Carlos et leur oncle, don Antonio. Talleyrand entoure ses hôtes " de respect, d'égards et de soins ". Bien traités mais prisonniers cependant, ils resteront à Valençay jusqu’en 1814.

Talleyrand prend de la distance avec l’empereur comme s’il s’estime délié de ses engagements à servir un homme toujours tourné vers de nouvelles conquêtes militaires et si peu soucieux de paix et prenant toujours seul ses décisions.

Cette attitude se concrétise en septembre octobre 1808; à Erfurt Talleyrand pousse en secret le Tsar Alexandre Ier à se dérober aux accords que lui proposait Napoléon. L’entrevue fut un échec mais on ne peut dire que l’influence de la " trahison " de Talleyrand fut déterminante dans cette affaire; Alexandre Ier n’avait de toute façon pas l’intention de s’engager dans une alliance avec la France qui l’aurait isolé du reste de l’Europe et aurait même pu lui causer des difficultés au sein de son propre pays. Napoléon ne sait rien alors des manœuvres de Talleyrand. Talleyrand lui, est convaincu d'avoir 'sauvé l'Europe d'un complet bouleversement '.

Notons au passage, que Talleyrand, pour prix de ses services, demande au Tsar d’intervenir auprès de la Duchesse Anna-Dorothéa de Courlande pour solliciter la main de sa quatrième fille, Dorothée, qui a seize ans, en faveur du comte Edmond de Périgord, son neveu.

L'Empereur repart pour la campagne d'Espagne. Dans les derniers mois de 1808, sans nouvelle de lui, alors que la rumeur de sa mort se répand, Talleyrand s'allie à Fouché pour conserver le pouvoir en donnant la régence à l'impératrice Joséphine. Leur erreur a été d'intriguer au grand jour, sans dissimuler leurs intentions. Napoléon, bien vivant, apprend la conjuration et revient en France en 6 jours. Le 27 janvier 1809, il couvre d'injures Talleyrand et en profite pour lui reprocher aussi l'affaire du Duc d'Enghien. La scène est restée dans les annales, c'est à cette occasion qu'il aurait prononcé la fameuse phrase 'vous êtes de la merde dans un bas de soie' (fait controversé).
Talleyrand tombe en disgrace. Bien évidement Napoléon lui retire son poste de Grand Chambellan.
Pourtant, à l'inverse de Fouché qui se fait petit, Talleyrand, bien que craignant la prison, prend le parti de rester tête haute et se représente même à la cours dès le lendemain, faisant fonctionner les langues de ses partisans dans les salons mondains.
Finalement, il n'est pas inquiété et conserve ses autres postes. Napoléon continu de le consulter pour ses affaires en cours de divorce et de remariage. Talleyrand suggère Marie-Louise d'Autriche en conseil extraordinaire de janvier 1810.

Talleyrand, faisant la différence entre le service de la France et celui de l’Empire, offre ses services à la Russie et l’Autriche.
Commence alors le temps des revers des guerres napoléoniennes, la situation militaire de l"empire, bien qu'apparemment encore brillante, se dégrade progressivement avec l'interminable guerre d'Espagne et sous les coups de boutoir de l'implacable hostilité de la Grande Bretagne.

En 1812 c'est la campagne de Russie, et la retraite que l'on connaît à partir d'octobre, avec comme point d'orgue la bataille de la Bérézina en décembre. Talleyrand apprenant cela, comprend que 'c'est le commencement de la fin' et conseille à Napoléon, en vain, de négocier la paix.

Talleyrand commence alors à entretenir une correspondance avec Louis XVIII pendant l 'année 2013. Apprenant cela, Napoléon menace de l'exiler mais suit toujours ses conseils. Par exemple, il accepte de replacer les Bourbons sur le trône d'Espagne. Il lui propose à nouveau le ministère des Relations Extérieures, que Talleyrand refuse pour la deuxième fois.

Du 16 au 19 octobre 1813, l'armée de Napoléon perd la bataille de Leipzig. Dès lors les événements annonçant la fin de l’empire se précipitent. En novembre 1813, l'empereur insiste auprès de Talleyrand pour que ce dernier reprenne le ministère des Relations extérieures; en vain. Le 11 décembre 1813, le roi d’Espagne Ferdinand VII retrouve la liberté et quitte Valençay.

En janvier 1814, nouvel épisode de douche écossaise : le 16 il est sur le point de le faire arrêter, le 23 il le nomme au Conseil de Régence.

Après des atermoiements diplomatiques, l’Autriche, en la personne de M. de Metternich choisit de se joindre à la coalition des Alliés composée de 16 pays, dont la Prusse, la Russie, l'Autriche, le Royaume-Uni, l'Espagne. Face à l’immense armée de la quadruple alliance, dont la cohésion est solidement tenue par Lord Castlereagh grâce aux subsides de l’Angleterre, Napoléon perd pied ; la ligne de l’Elbe est enfoncéee à la fin de 1813 puis celle du Rhin cède. Malgré de nombreuses victoires sur le sol français, l’Empereur ne peut empêcher les Alliés d’entrer dans Paris qui capitule le 31 mars 1814
Talleyrand a fait quitter la capitale à l’impératrice et, lui, se débrouille pour y rester. Le Tsar Alexandre s'installe chez lui, 2 rue Saint-Florentin, où toute l’Europe accourt pour courtiser le Tsar Alexandre et Talleyrand, les deux maîtres du moment.
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Le tsar Alexandre Ier
Entrevue d'Erfurt. Talleyrand est entre Napoléon et l'ambassadeur d'Autriche.
Exécution du Duc d'Enghien.
Le sacre de Napoléon par David.Talleyrand est à droite de profil en manteau rouge


Restauration (1814 - 1830) 

La restauration et le congrès de Vienne (1814-1815)

Le Président provisoire.

Seul membre du Conseil de Régence à être resté à Paris sous l’avancé des Alliés, Talleyrand débute des négociations avec le Tsar Alexandre 1er.

Après de longues hésitations et sous l’influence des milieux royalistes Talleyrand se persuade et réussit à persuader le Tsar Alexandre que le retour des Bourbon apparaît comme la seule solution pour éviter à la France une période d’instabilité. De fait, il n’y eut eu aucune période de flottement dans la passation des pouvoirs et ses bonnes relations avec le Tsar Alexandre permirent à la France d’éviter l’humiliation et les misères d’une occupation militaire large et prolongée du territoire national.

Il parvient à manœuvrer pour que ce retour se fasse à ses conditions , par la nomination d’un gouvernement provisoire.
Le 1er avril 1814, Talleyrand est élu président du Gouvernement provisoire par le Sénat.
Le 2 avril 1814, à son instigation, le Sénat prononce la déchéance de Napoléon.
Talleyrand s'empresse d'escamoter toute sa correspondance avec l'Empereur, et prend des dispositions immédiates pour sortir le pays de l'état de guerre : libération des conscrits et des prisonniers, liberté de circulation des lettres, retour du Pape à Rome et des Princes d'Espagne à Madrid, .maintien des fonctionnaires dans leurs postes, rattachement de la police de l'Empire aux préfets.
Il fait adopter le 6 avril une Constitution Monarchique, proche de celle de 1791. Pourtant elle ne plait pas aux royalistes qui considèrent que le Roi doit gouverner sans l’aval du peuple.

Sa tâche n'est pas simple; Paris est occupé par les Alliés, les royalistes et les bonapartistes ne reconnaissent pas ce gouvernement provisoire. et pourtant il faut le financer.

Les Bourbon comptent bien retrouver le trône de France. Le Comte d’Artois (futur Charles X en 1825) au service de son frère le Comte de Provence, bientôt Louis XVIII, est rentré à Paris le 12 avril avec une troupe suivant les Alliés. Le Sénat le nomme Lieutenant-général du Royaume et il conserve le gouvernement en place. Le drapeau blanc est substitué au drapeau tricolore.
Le 14 avril Napoléon accepte d’abdiquer par le traité de Fontainebleau qui le désigne " souverain de la principauté de l’île d’Elbe ".
Le 23 avril, le comte d’Artois signe l’armistice, qui ramène la France à ses frontières de 1792.

La Première Restauration.

Le 1er mai, Talleyrand rejoint Louis XVIII débarqué à Calais de son exil londonien.

En quelques jours, il a préparé un projet de constitution qu’il présente à Louis XVIII. Celui-ci l’accepte, non sans hésitation, mais transforme la constitution que Talleyrand voulait lui imposer en « charte octroyée », tout en en maintenant les dispositions essentielles.

LouisXVIII entre dans Paris le 3 mai en grandes pompes.
Un nouveau gouvernement, qui se veut de réconciliation, est établi le 13 mai.
Le 13 mai 1814, Talleyrand, prince de Bénévent, est nommé ministre des Affaires étrangères.
Le 30 mai, il signe la paix avec entre le Roi et les puissances alliées par le traité de Paris, qu'il avait négocié, et qui acte, entre autres, la paix entre la France et les Alliés avec le retrait des troupes alliées, pas d'indemnité de guerre, et la préparation présence de la France au congrès de Vienne.

Le Congrès de Vienne (18 sept. 1814 - 9 juin 1815)

Le 10 septembre 1814, Le roi Louis XVIII donne ses " Instructions pour les ambassadeurs du Roi au Congrès ".
Lois XVIII qui approuve les recommandations faites par Talleyrand, le charge de représenter la France au Congrès de Vienne. Les éléments concernant la France ayant déjà été réglés par le traité de Paris, Talleyrand a pour mission de préserver la Sardaigne de l'Autriche, faire attribuer Naples à Ferdinand IV de Bourbon, défendre la Pologne face à la Russie et la Saxe-Rhénanie de la Prusse.

Le Congrès débute informellement le 16 septembre 1814 et officiellement le 1er octobre novembre (il finira en juin 1815) .

Talleyrand qui est arrivé à Vienne le 23 septembre, accompagné de sa nièce, Dorothée, comtesse de Périgord, s’installe au Palais Kaunitz.

La France est invitée au Congrès de Vienne pour se voir communiquer les décisions que les Alliés avaient déjà prises.

Au début écarté des discussions entre les quatre principales puissances que sont le Royaume-Uni, l'Autriche, la Prusse et la Russie, Talleyrand parvient à s'imposer dans les tractations. Partant de là, il manœuvre habilement, avec son don naturel pour l'intrigue et les alliances d'intérêt, pour finir avec ses quatre objectifs presque atteints. Face à la convoitise des alliés il oppose les trois principes classiques de la diplomatie européenne : droit public, légitimité et équilibre et aussi représentation des petits pays. Par ses intrigues et son habileté manœuvrière, il ne tarde pas à diviser les alliés et couronne son action en concluant une alliance avec l'Autriche et l'Angleterre, et en limitant les exigences de la Prusse et de la Russie.

Le 5 mars 1815, est reçue à Vienne la nouvelle du retour en France de Napoléon.
Le 13 mars 1815, le prince de Talleyrand signe la Déclaration des puissances assemblées au Congrès de Vienne contre Napoléon mais ses succès diplomatiques sont en grande partie ruinés par l'épisode des Cent Jours qui ramène temporairement Napoléon I er au pouvoir. Le 9 juin 1815, le prince de Talleyrand appose sa signature au bas des 121 articles de l'Acte final du Congrès de Vienne.
La France conserve ses conquêtes de 1792 et au passage, il a négocié pour lui-même une compensation financière pour la principauté de Bénévent (restituée au Pape après le traité de Paris), et le titre de duc de Dino (transmis à sa nièce Dorothée).

La petite histoire du Congrès de Vienne.

Émerveillé par la jeunesse et la grâce de sa nièce par alliance, Dorothée, fille de sa maitresse Anna Dorothéa de Courlande duchesse de Sagan, et désireux d’utiliser ses qualités d’aristocrate cosmopolite, il l’emmène avec lui au congrès de Vienne. A 21 ans, celle-ci est une des reines du Congrès de Vienne avec ses deux sœurs; elle contribue par son esprit et sa personnalité au succès des réceptions de son oncle.

Pendant un an, Vienne devient le centre de la diplomatie européenne. Les trois filles de la duchesse de Sagan : Dorothée, Wilhelmine de Sagan, et Pauline de Hohenzollern s'amusent, dansent mais travaillent aussi. Les différentes rubriques de l'article de Robert Ouvrard "Le Congrès de Vienne" présentent en particulier, les enjeux, les protagonistes et les résultats du congrès

Très rapidement Talleyrand redresse la situation grâce à sa diplomatie et grâce aussi à ses réceptions somptueuses dont le mérite revient pour une grande part à Carème. Les personnages les plus importants acceptent avec empressement ses invitations. On y parle politique, théâtre, musique et même fromage! Talleyrand s’assied avec naturel et aisance à la grande table des négociations parmi les Alliés et prend la posture d’interlocuteur égal aux autres.
Auteur Pierre Guimbretière


En retrait mais à la manœuvre (1815-1830)

En février 1815, Napoléon revient de l'île d'Elbe, porté par le peuple. C’est l’épisode des Cent Jours.
En plein Congrès de Vienne, les Alliés, surtout les Britanniques, se défient de Talleyrand en qui ils n'ont aucune confiance.
Il est effectivement approché par Napoléon mais refuse. Il a pressenti que Napoléon serait bientôt défait.

En mauvais terme avec Louis XVIII alors en exil à Gand, il le rejoint tardivement à Mons, le 23 juin 1815, après la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 qui marque la fin des Cent Jours et sa seconde abdication. Talleyrand présente à Louis XVIII son " Rapport fait au Roi ". Les relations entre Louis XVIII et Talleyrand sont houleuses, le roi refusant d'accepter une constitution selon ses idées libérales. Au final, pressé par les Alliés, le 9 juillet Louis XVIII nomme le prince de Talleyrand, pair de France, président du conseil des ministres et secrétaire d'Etat au département des Affaires étrangères. A l'issue de joutes verbales avec le Duc de Berry et le Compte d'Artois, Talleyrand fait adopter une proclamation libérale.

Mais c'est Fouché, alors président du gouvernement provisoire, qui tient Paris, le reste du pays étant toujours occupé par les Alliées. Il fait partie de ceux qui ont voté la mort de Louis XVI, frère de Louis XVIII. Talleyrand réussi à négocier une entrevue entre les deux hommes et la remise de Paris à Louis XVIII.

Le Roi arrive aux Tuileries le 9 juillet 1815 et nomme Talleyrand Président du Conseil des Ministres en sus de sa fonction de Ministre des Affaires Étrangères. Il s'attache alors à constituer un gouvernement conforme à la politique libérale choisie. Outre le partage du pouvoir entre le Roi et les Chambres, il libéralise les élections et la presse.

Pendant ce temps les armées Alliées d'occupation créent des troubles. Le gouvernement essai de sortir ces armées du royaume par le second traité de Paris ( qui sera signé en novembre 1815). Il est plus défavorable à la France que le premier : perte des conquêtes de 1792, occupation pendant cinq ans et grosse indemnité de guerre. Talleyrand réussi à l'abaisser, mais il décide de partir avant d'avoir à signer. Le 24 septembre 1815, il démissionne, expliquant ce geste dans ses Mémoires par son refus de signer le nouveau traité imposé par les Alliés après Waterloo, beaucoup plus dur que celui qu’il avait signé précédemment. En réalité, en butte à l’hostilité des Ultras de la « Chambre introuvable » il est poussé à la démission au grand soulagement de Louis XVIII. Son gouvernement n’avait duré que deux mois et demi.

Louis XVIII le remplace par Richelieu (Armand-Emmanuel du Plessis).

Pour la première fois dans l'opposition.

Il avait été nommé, pour la seconde fois, Grand Chambellan de France en septembre, et membre de la Chambre des Pairs, Talleyrand ne joue plus aucun rôle politique, il est honni par les libéraux comme les Ultras, chacun ayant motif à lui faire des reproches. Lui-même, fidèle à ses convictions, manifeste parfois avec éclat son hostilité aux gouvernements en place. Le 24 avril 1816 il se retire à Valençay, tout en faisant des aller-retours à Paris. Il entre de plus en plus en disgrâce aux yeux du Roi qui lui refuse des postes de pouvoir à trois reprises. Talleyrand perd espoir de revenir un jour au gouvernement.

Lors de discours à la Chambre des Pairs, il défend la liberté de la presse et se déclare contre l'expédition d'Espagne.

La mort de Louis XVIII, en septembre 1924, n'est pas favorable à son retour au pouvoir. Son successeur est son frère Charles X, chef du parti ultra.
Les ultraroyalistes prennent de plus en plus de poids et détestent Talleyrand, surtout depuis qu'ils ont connaissance de son rôle dans l'exécution du Duc d'Enghien. Talleyrand se range alors aux cotés des doctrinaires (dont son ami Pierre-Paul Royer-Collard) qui prônent une monarchie constitutionnelle et libérale.
C’est d’ailleurs son opposition sous Charles X qui l’amènera à nouer des relations avec Royer-Collard président de la Chambre et chef de l’opposition parlementaire, son voisin de campagne à Châteauvieux, avec lequel il échange régulièrement un courrier amical et noue des relations durables.

Le jeune Thiers, chef de l’opposition libérale, est aussi reçu à Valençay avec femme et belle-mère. C’est à Valençay et à Rochecotte, chez sa nièce, qu’est décidé le lancement, sous la direction de Thiers, du journal " Le National ".

En mai 1830, Charles X commet l'erreur de dissoudre la chambre des Députés, croyant que de nouvelles élections lui donneraient une majorité parlementaire. Mais à la surprise générale, c'est l'inverse qui se produit et les libéraux remportent à nouveau les élections législatives avec 53 sièges de plus qu'avant.
Le Roi décide alors d'un coup de force. Il s'appuie sur l'article 14 de la charte de 1814 pour refuser de changer son ministère. C'est l’ordonnance dite 'de juillet' ou 'de Saint-Cloud', du 25 juillet 1830.
En réaction, le peuple de Paris se soulève, c'est la seconde révolution, dite " Révolution de juillet " ou les " Trois Glorieuses " (27, 28 et 29 juillet).
Charles X fuit Paris.

D’après le comte de Saint Aulaire, dans son livre " Talleyrand ", le 29 juillet quand la victoire des insurgés est certaine, Talleyrand envoie un messager au duc d’Orléans, Louis-Philippe, chargé de lui dire qu’il n’a pas un instant à perdre, qu’il doit se rendre immédiatement à Paris pour se mettre à la tête du mouvement. Le 30, Louis-Philippe est nommé lieutenant général du Royaume par les députés insurgés. Le duc d’Orléans se conforme à l’avis de Talleyrand; il s’installe au Palais-Royal et accepte le titre le 30 juillet. Quand il est invité à se rendre à l’hôtel de Ville, il hésite, fait consulter Talleyrand qui répond "qu’il accepte" . Il apparaît alors au balcon, drapeau tricolore en mains, avec Lafayette, et, sous les acclamations de la foule, devient " Le roi des Français ".
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Première abdication de Napoléon Ier.
Congrés de Vienne. Talleyrand est assis à droite.
Sacre de Charles X. Talleyrand est au premier plan, en chapeau à plumes.


Monarchie de juillet (1830 - 1834) 

Les Bourbons font place aux Orléans

Suite à la Révolution de Juillet, Louis-Philippe, duc d’Orléans, est maintenant " le Roi des Français " et non pas " le Roi de France ". C'est la Monarchie de Juillet, qui durera 18 ans.

Ambassadeur à Londres ou le casse tête de l’indépendance de la Belgique

L’avènement de Louis-Philippe, dû à un mouvement insurrectionnel, inquiète les cours européennes qui craignent la remise en cause de l’équilibre ancien restauré au Congrès de Vienne. Leur crainte est d’autant plus justifiée qu’aussitôt connue la victoire de l’insurrection à Paris, Bruxelles se soulève à son tour contre le roi des Pays-Bas. Très rapidement le mouvement gagne en ampleur, la garnison hollandaise quitte la ville; la Belgique, partie Sud du royaume, proclame son indépendance en octobre 1830 et un gouvernement provisoire est constitué.

Un embrasement au niveau européen est à craindre, les Alliés ne pouvant admettre une telle remise en cause des accords conclus à Vienne, aggravée par le fait que la Belgique indépendante se tourne naturellement vers la France qui vient de donner le pouvoir à un roi suspecté par les souverains de la Sainte Alliance.

Louis-Philippe sentant le danger et voulant éviter à tout prix une nouvelle coalition contre la France veut jouer l’apaisement et c’est tout naturellement qu’il se tourne vers Talleyrand pour le représenter à la conférence de Londres. Talleyrand, âgé de 76 ans, accepte et le 6 septembre 1830, est nommé par le roi Louis-Philippe, ambassadeur extraordinaire à Londres. Il est l’homme de la situation, sa nomination est bien perçue non seulement à Londres mais aussi dans les autres Cours européennes.

Talleyrand s’accorde avec le duc de Wellington pour exclure tout recours à la force ce qui aboutit, par le fait même, à la reconnaissance du fait accompli. Le 4 novembre 1830, la Conférence de Londres, qui regroupe l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et les Pays-Bas, se saisit du problème belge et impose le jour même un armistice aux Belges et aux Hollandais. Le 20 décembre, l’indépendance de la Belgique est reconnue et le 20 janvier 1831, la conférence proclame la neutralité et l’inviolabilité perpétuelle de la Belgique.

Des problèmes difficiles, comme les limites du nouvel état, une intervention militaire hollandaise en août 1831, repoussée par les belges avec l’aide de l’armé française et et le choix du monarque sont réglés et le 15 novembre 1831, a lieu la signature du traité reconnaissant officiellement l'indépendance et la neutralité de la Belgique, par la France, l'Autriche, l'Angleterre, la Prusse et la Russie.

Tout semblait terminé quand le roi de Hollande dénonce l’armistice et ,repartant une nouvelle fois à l'attaque, bombarde et occupe la place d’Anvers qui capitule le 23 décembre 1832. En accord avec l’Angleterre dont la flotte bloque les côtes, une troupe française intervient, à nouveau, en Belgique et met fin à l’incursion hollandaise. L’affaire est enfin terminée.

La France et l’Angleterre en agissant conjointement en toute confiance ont jeté les bases d’une étroite coopération qui allait devenir "l’Entente Cordiale".


Talleyrand ne tira à l’époque, guère de bénéfice de ses efforts en faveur d’un règlement pacifique de cette grave crise, on l’accusa d’avoir cédé à l’Angleterre. En Belgique où le sentiment d’une indépendance nouvellement acquise ne prêtait guère au compromis, Talleyrand, plus que l’Angleterre, dut supporter temporairement l’impopularité des restrictions apportées aux désirs territoriaux nationaux.
Auteur Pierre Guimbretière.

Ses autres actions d’Ambassadeur

Louis-Philippe avait proposé à Talleyrand le ministère des Affaires Étrangères, mais celui-ci lui a préféré le poste d'Ambassadeur Extraordinaire à Londres. Son rôle est de garantir la neutralité des anglais vis à vis du nouveau régime. Cette nomination contente les anglais et il est accueilli chaleureusement à Londres en septembre 1830.

Ce n'est pas un poste d'apparat et il s'oppose au ministre Molé pour défendre les intérêts britanniques et ainsi préserver l'équilibre.

Outre son travail majeur sur le traitement de l’indépendance de la Belgique, il travaille au rapprochement de l'Angleterre et de la France, qui créera la base de " l'entente cordiale ". Il est applaudi au Parlement Britannique et reçoit autant des hauts dignitaires anglais que Lamartine et Mérimée. En parallèle, le Roi le consulte fréquemment et lui propose même le poste de Premier Ministre, qu'il refuse.

C'est que par ailleurs sa côte est au plus bas. C'est en effet à ce moment-là que se déchaînent les critiques les plus vives des autres partis, qui ne voient en lui que 'le traite' et 'le diable boiteux'.

Après la signature du traité de Quadruple Alliance en avril 1834, visant à contrôler la situation alors instable de l'Espagne et du Portugal, il refuse de nouvelles propositions de poste et se retire à Valençay.

Il y occupe des mandats de maire de la commune, puis de Conseiller Général de l'Indre, jusqu'en 1836, tout en continuant à conseiller Louis-Philippe. Ce dernier ira jusqu'à lui rendre visite à son agonie, ce qui est tout à fait contraire à l'étiquette.
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La Liberté guidant le Peuple, de Delacroix, honore les 'Trois glorieuses' de la révolution de Juillet
Charte Constitutionelle de Louis Philippe
Le roi Louis-Philippe


Doctrines et opinions 

Se détachant de toutes les accusions et controverses dont on l'afflige, il est une constante : il a été tout du long de sa carrière un défenseur de l'esprit des Lumières et du libéralisme dans une stratégie de réformiste -conservateur. Il pensait que le souffle de souveraineté du peuple de 1789 était utopique et croyait plutôt en la force du consensus et de la constitution pour aboutir à un intérêt mutuel. Son soucis a toujours été la paix entre les nations, que seul un équilibre européen pourrait garantir.

Le libéralisme à l'époque de Talleyrand.

Le mot n'a évidement pas tout à fait la même signification qu'aujourd'hui. Directement issu de la philosophie des Lumières. Il s'agissait alors de se libérer des carcans économiques et sociaux hérités de l'époque féodale qui figeaient la société. Égalité devant la loi, liberté de la presse, suppression des douanes, gratuité de l'Instruction Publique, seront ses chevaux de bataille au sein de la communauté libérale. Pourtant profondément royaliste et partisan d'une monarchie constitutionnelle, il était en parallèle opposé à toute exagération des prérogatives de ce monarque qui aboutirait à une injustice envers son peuple : '... sa postérité tant que le monarque qui règne reste dans les limites de sa compétence véritable ; mais si le monarque qui règne se fait ou tente de se faire plus que monarque, il perd tout droit à un titre que ses propres actes ont rendu ou rendraient mensonger. Telle est ma doctrine, je n'ai jamais eu besoin de la renier pour accepter, sous les divers gouvernements, les fonctions que j'ai remplies. '

Les finances et la paix.

Spécialiste des deux, est-ce parce qu'il considérait que l'un ne va pas sans l'autre ?

Initié aux finances dès ses débuts en tant qu'Agent Général du Clergé chargé d'administrer les biens de l'Église, il devient un adepte du libéralisme économique britannique, s'essaie à la spéculation sur les monnaies, et à la spéculation immobilière. Il plante le principe selon lequel un État doit toujours payer ses dettes, de façon à ce que les prêteurs soient certains d'une garantie : 'une nation, comme un particulier, n'a de crédit que lorsqu'on lui connaît la volonté et la faculté de payer'. Il met cette idée en pratique avec Isaac Panchaud et la création de la Caisse d'Escompte en 1776. Il en devient d'ailleurs actionnaire.

Pour lui la liberté de commerce ne peut s'exercer pleinement qu'en temps de paix. Sa vision de 'l'équilibre européen' n'est pas l'égalité des forces entre nations, décrété inaténiable, mais d'un mixte subtil de non-agression-protection et d'échanges industriels et commerciaux. Sa méthode de négociation en tant que diplomate repose sur le réalisme des situations et l'énoncé d'une logique déductive que l'on ne peut démonter.

Méfiant envers de grosses puissances territoriales telles que la Russie, il privilégie le principe de plusieurs petits états fédérés. Opposé aux guerres de conquête de Napoléon Ier, il leur préfère une guerre commerciale visant à rétablir un équilibre économique, notamment entre la France et le Royaume-Uni.


Chronologie historique en France 

Dates clés de la vie politique en France du temps de Talleyrand.

Révolution

1788

7 au 14 juin : journée des Tuiles.
21 juillet : réunion des états-généraux du Dauphiné.
8 août : décision de convoquer les États généraux prise par Loménie de Brienne. Les modalités de leur convocation à être discutées.
25 août : Brienne démissionne. Il est remplacé par Necker.
27 décembre : Necker, préparant les États généraux, accepte un règlement doublant la représentation du tiers état, qui aura autant de députés que les deux autres ensembles (noblesse et clergé), mais le vote restera par Ordre.

1789
janvier : Parution de la brochure de l'abbé Sieyes « Qu'est-ce que le tiers état ? »
7 février : Ordre de rédiger des Cahiers de doléances.
24 janvier : Parution du règlement des États généraux. Mars à mai : Élection des représentants aux États généraux.
2 mai : Présentation par ordre des 1200 députés au roi.
5 mai : Ouverture des États généraux à Versailles dans la salle des Menus Plaisirs.
13 juin : 2 membres du clergé se joignent au tiers état.
17 juin : Le tiers état se proclame Assemblée nationale, les deux autres ordres ayant refusé la délibération commune.
19 juin : Barère publie le 1er numéro du « Point du jour ». De nouveaux délégués du Clergé se joignent au tiers état.
20 juin : Serment du Jeu de Paume
22 juin : L'Assemblée nationale se réunit à l'église Saint-Louis à Versailles.
23 juin : Séance royale : Le roi déclare le maintien des trois ordres et annule les délibérations du 17 juin. Apostrophe apocryphe de Mirabeau : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". L'Assemblée Nationale déclare inviolable la personne de ses députés. Création du Club Breton
27 juin : Le roi ordonne au clergé et à la noblesse de se joindre au tiers état.
28 juin : 1er numéro du Patriote français de Brissot.
9 juillet : Proclamation de l'Assemblée constituante
11 juillet : Renvoi de Necker. Mécontentement, agitation dans Paris. Joseph-Gilbert Motier, marquis de La Fayette présente un projet de déclaration des Droits de l'Homme à l'Assemblée constituante.
13 juillet : Formation d'une municipalité et d'une garde bourgeoise à Paris. Harangue de Camille Desmoulins au Palais-Royal.
14 juillet : Prise de la Bastille
15 juillet : Bailly devient le premier maire de Paris. Le commandement de la garde Nationale de Paris est confié au marquis de La Fayette.
16 juillet : Necker est rappelé dans ses fonctions
17 juillet : Louis XVI à l'Hôtel de ville de Paris; Adoption par Louis XVI de la cocarde tricolore.
18 juillet : Début de l'émigration avec le départ des grandes familles du royaume (Condé, D'artois, etc). Cela marque aussi le début de la Grande peur.
4 août : Abolition des privilèges et du système féodal.
26 août : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
11 septembre : l'Assemblée constituante accorde au roi le droit de veto.
5-6 octobre : Révolte du peuple de Paris. Marche des femmes sur Versailles, qui force le roi à retirer son véto et à signer les décrets d'abolition des privilèges et la DDHC. Le roi est forcé de rentrer a Paris et est installé au palais des Tuileries. L'Assemblée s'installe à Paris.
19 octobre : Création du Club des Jacobins.
21 octobre : Institution de la loi martiale.
2 novembre : Nationalisation des biens du clergé catholique.
30 novembre : Rattachement définitif de la Corse à la France.
19 décembre : Mise en place des assignats pour faire face aux dettes de l'État.
22 décembre : La France est divisée en 83 départements.
24 décembre : Les protestants obtiennent le droit de cité.

1790
13 février : Suppression des ordres monastiques.
21 mars : Suppression de la gabelle.
27 avril : Fondation du Club des Cordeliers.
14 mai : Mise en vente des biens du clergé.
21 mai : Deuxième commune de Paris : Paris est divisé en 48 sections, remplaçant les 60 anciens districts.
12 juin : Avignon demande son rattachement à la France.
19 juin : Suppression de la noblesse.
12 juillet : Vote de la constitution civile du clergé.
14 juillet : Fête de la Fédération.
22 juillet : La Constitution civile du clergé est approuvée par le roi Louis XVI.
Juillet -- : Montée de l'influence des clubs (dont les Cordeliers, les Jacobins).
27 août : Transformation des assignats en papier-monnaie.
4 septembre : Démission de Necker
21 octobre : Drapeau tricolore: Bleu, blanc, rouge.
3 décembre : Lettre de Louis XVI demandant au roi de Prusse de le soutenir contre la Révolution.

1791
15 mars : rupture des relations diplomatiques de la France avec l'Église Romaine.
2 avril : décès de Mirabeau. La cour aura désormais comme conseillers Barnave, Duport et Lameth.
21 avril : démission de La Fayette de la Garde Nationale.
20-25 juin : Varennes : Évasion manquée de la famille royale, suivie du retour sous bonne escorte aux Tuileries.
15 juillet : l’Assemblée rétablit le roi dans ses prérogatives.
16 juillet : fondation du Club des Feuillants.
17 juillet : fusillade du Champ-de-Mars.
27 août : déclaration de Pillnitz (Frédéric Guillaume II et Léopold II).
3 septembre : Fin du débat sur la Constitution et vote.
13 septembre : Louis XVI approuve la Constitution française de 1791.
30 septembre : dissolution de l’Assemblée constituante.
1er octobre : ouverture de l’Assemblée législative.
17 novembre : Pétion maire de Paris.
25 novembre : création du Comité de surveillance (futur Comité de sûreté générale).

1792
7 février : Alliance de l'Autriche et de la Prusse.
19 mars : Dumouriez nommé ministre des Affaires étrangères.
23 mars : Les ministres feuillants sont remplacés par des ministres girondins.
20 avril : La France déclare la guerre à l'Autriche.
25 avril : Rouget de l'Isle crée La Marseillaise.
13 juin : Le roi renvoie les ministres girondins.
15 juin : Démission de Dumouriez.
20 juin : Le peuple envahit les Tuileries, réclamant le retour des ministres et l'acceptation de plusieurs décrets dont le roi a opposé son veto. Le roi est coiffé du bonnet rouge. Il ne cède pas.
30 juin : La tentative de coup d'État de La Fayette est avortée.
10 juillet : Démission des ministres feuillants.
11 juillet : Proclamation de la patrie en danger.
25 juillet : Manifeste de Brunswick.
Nuit du 9 au 10 août : Formation à l'hôtel de ville de Paris d'une Commune insurrectionnelle.
10 août : Les sans-culottes s'emparent des Tuileries. La famille royale se réfugie à l'Assemblée. On décrète la création d'une nouvelle assemblée: la Convention nationale.
11 août : Réforme électorale : la future assemblée sera élue au suffrage universel.
13 août : La famille royale au Temple.
19 août : Trahison de La Fayette.
2 septembre : La conjuration royaliste du marquis de La Rouërie, en Bretagne, est déjouée.
2-7 septembre : Les Massacres de septembre. Tribunal Maillard.
9 septembre : Massacre à Versailles des prisonniers d'Orléans.
20 septembre : Bataille de Valmy.
21 septembre : Ouverture de la Convention nationale ; abolition de la monarchie.
22 septembre : Proclamation de l'an I de la République. Fin septembre à novembre : Girondins contre Montagnards à la Convention nationale.
25 septembre : La République française est une et indivisible.
6 novembre : Bataille de Jemmapes.
14 novembre : L'armée française entre à Bruxelles.
20 novembre : L'armoire de fer.
27 novembre : Annexion de la Savoie.
2 décembre : Chambon, nouveau maire de Paris, en remplacement de Pétion.
11 décembre : Ouverture du procès de Louis XVI à la Convention.

1793
21 janvier : Exécution de Louis XVI
1er février : La guerre est déclarée avec l'Angleterre, la Hollande et l'Espagne
Mars -- : Révolte des Chouans en Bretagne et en Vendée. De mai à décembre, exactions des troupes du général Westermann
10 mars : Création du tribunal révolutionnaire.
17 mars : Rattachement de la principauté de Salm (enclave).
18 mars : Bataille de Neerwinden.
18 mars : Décret instituant le Comité de Salut Public.
1er avril : Trahison de Dumouriez.
6 avril : Création du Comité de salut public
27 mai - 2 juin : Montagne et Commune contre les Girondins.
2 juin : Arrestation de 31 députés Girondins
29 juin : Bataille de Nantes
13 juillet : Assassinat de Marat par Charlotte Corday
27 juillet : Entrée de Robespierre au Comité de Salut Public.
23 août : Levée en masse de la population masculine
27 août : Toulon se livre aux Anglais.
5 septembre : La Terreur à l'ordre du jour.
17 septembre : Loi des suspects.
29 septembre : Établissement du tarif maximum
9 octobre : Reprise de Lyon.
16 octobre : Exécution de Marie-Antoinette ; Bataille de Wattignies.
25 octobre : Mise en usage du calendrier républicain.
31 octobre : Exécution des Girondins
10 novembre : Abolition de la religion catholique et culte de la Raison
19 décembre : Reprise de Toulon.
23 décembre : Westermann écrase les Vendéens à Savenay : « il n'y a plus de Vendée, elles est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé. [...] Nous ne faisons plus de prisonnier, il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire ».
Décembre -- : Retraite des Alliés au-delà du Rhin

1794
12 janvier : Scandale de la Compagnie des Indes.
17 janvier : Les « colonnes infernales » de Turreau en Vendée.
19 janvier : Les Anglais prennent pied en Corse.
4 février : Abolition de l'esclavage dans les colonies.
24 mars : Exécution des Hébertistes.
5 avril : Exécution des partisans de Danton.
8 juin : Fête de l'Être Suprême.
10 juin : Loi du 22 Prairial sur les pouvoirs des tribunaux révolutionnaires : Grande Terreur.
26 juin : Bataille de Fleurus (victoire française en Belgique).
27 juillet : Chute de Robespierre (9 thermidor).
11 novembre : Fermeture du club des Jacobins.
8 décembre : Retour des Girondins à la Convention.
24 décembre : Abrogation du maximum.

1795
5 mars : Traité de Bâle (La Prusse se retire de la guerre)
1er avril : Emeutes de disette à Paris
8 juin : Décès du dauphin (Louis de France (1785-1795))
22 août : Constitution de 1795
5 octobre : Napoléon's « whiff of grape-shot »
26 octobre : La Convention est dissoute ; début du Directoire

1796
5 mars : Guerre contre le Saint Empire romain germanique
9 mars : Mariage de Napoléon Bonaparte et Joséphine
10 mai : Bataille de Lodi (Napoléon en Italie)
10 mai : Arrestation de Gracchus Babeuf et des principaux dirigeants de la Conjuration des Egaux
Juillet : Siège de Mantoue

1797
14 janvier : Victoire de Rivoli
18 avril : Paix de Leoben
27 mai : Exécution de Babeuf
8 juillet : La République cisalpine est instituée.
4 septembre : Coup d'État à Paris contre le rétablissement de la monarchie
17 octobre : Traité de Campo-Formio

1798
Février : La République romaine est proclamée.
Avril : La République helvétique est proclamée.
21 juillet : Bataille des Pyramides
1er août : Bataille d'Aboukir
Septembre : Loi Jourdan instituant le service militaire
24 décembre : Alliance entre la Russie et l'Angleterre

1799
17 juin-19 juin : Bataille du Trebia (Souvorov bat les Français)
24 août : Napoléon quitte l'Égypte
22 octobre : Les Russes se retirent de la coalition
9 novembre : Coup d'État du 18 brumaire : fin du Directoire
24 décembre : Constitution de l'an VIII et instauration du Consulat

Napoléon

1799
9 et 10 novembre : Coup d'État du 18 brumaire : Napoléon Bonaparte arrive au pouvoir.
15 décembre : Proclamation de la Constitution de l'An VIII.

1800
17 janvier : Limitation du nombre de journaux parisiens.
13 février : Création de la Banque de France.
17 février : Institution des préfets.
3 mars : Clôture de la liste des émigrés.
18 mars : nouvelle organisation de la justice et des tribunaux.
14 juin : Victoire de Marengo.
12 août : Création de la commission du Code civil au Conseil d'État.
3 décembre : Victoire d'Hohenlinden.
24 décembre : Attentat de la rue Saint-Nicaise.

1801
9 février : Paix de Lunéville avec l'Autriche.
15 juillet : Signature du Concordat avec le pape Pie VII.
18 septembre : Exposition de l'industrie nationale dans la cour du Louvre.

1802
18 janvier : Épuration du Tribunat.
24 janvier : Bonaparte devient président de la République cisalpine.
25 mars : Paix d'Amiens avec l'Angleterre.
1er avril: Réorganisation du Tribunat.
8 avril : Vote des Articles organiques.
14 avril : Publication du Génie du Christianisme.
18 avril : Le Concordat est promulgué à Notre-Dame.
26 avril : Amnistie des émigrés.
1er mai: Création des lycées pour former l'élite pour la future armée et administration.
19 mai : Création de la Légion d'honneur.
20 mai : Loi rétablissant l'esclavage et la traite des noirs.
4 août : Constitution de l'An X: Bonaparte obtient le consulat à vie.
11 septembre : Annexion du Piémont.
13 septembre : Disgrâce de Fouché.

1803
4 janvier : Création des sénatoreries.
28 mars : Création du franc germinal.
3 mai : Vente de la Louisiane aux États-Unis.
16 mai : Rupture de la paix d'Amiens.
1er décembre: Institution du livret ouvrier.

1804
29 janvier : Découverte du complot de Cadoudal.
21 mars : Exécution du duc d'Enghien.
21 mars: Promulgation du Code civil.
18 mai : Établissement de l'Empire et Constitution de l'An XII.
19 mai : Nomination de 18 maréchaux d'Empire.
10 juillet : Retour de Fouché au ministère de la Police.
15 juillet : Distribution des premières croix de Légion d'honneur.
2 décembre : Sacre impérial.

1805
17 mars : Napoléon devient roi d'Italie.
9 août : Alliance austro-anglo-russe.
19 octobre : Victoire d'Ulm.
21 octobre : Défaite de Trafalgar.
2 décembre : Victoire d'Austerlitz.
26 décembre : Traité de Presbourg.
31 décembre : Fin du calendrier républicain.

1806
1er janvier: Retour au calendrier grégorien.
13 février : Rupture avec le pape Pie VII.
15 mars : Murat devient grand-duc de Berg.
30 mars : Joseph Bonaparte devient roi de Naples.
4 avril : Publication du Cathéchisme impérial.
10 mai : Création de l'Université impériale.
5 juin : Louis Bonaparte devient roi de Hollande.
12 juillet : Fondation de la Confédération du Rhin.
1er août: Dissolution du Saint Empire romain germanique.
14 août : Extension à tout l'Empire de la constitution des grands fiefs héréditaires.
15 août : Célébration de la Saint Napoléon et pose de la première pierre de l'arc de triomphe de l'Étoile.
14 octobre : Victoires d'Iéna et d'Auerstaedt.
21 novembre : Décret de Berlin : instauration du blocus continental pour mettre à genoux l'Angleterre.
10 décembre : Réunion des membres du Grand Sanhédrin.

1807
8 février : Victoire d'Eylau.
14 juin : Victoire de Friedland.
4 juillet : Exil de Chateaubriand
7 juillet : Traité de Tilsit avec le tsar Alexandre Ier.
22 juillet : Création du Grand duché de Varsovie.
9 août : Disgrâce de Talleyrand.
16 août : Jérôme Bonaparte devient roi de Westphalie.
19 août : Suppression du Tribunat.
13 octobre : Renforcement du blocus continental.
27 octobre : Traité de Fontainebleau sur le Portugal.

1808
20 février : Murat devient lieutenant-général de l'Empereur en Espagne.
1er mars: Création de la noblesse impériale qui restaure l'aristocratie en France.
7 mars : Nomination de Fontanes comme grand maître de l'Université.
17 mars : Décret d'organisation de l'Université impériale: toute l'éducation se trouve désormais sous le contrôle de l'État.
2 mai : Soulèvement de Madrid contre les Français.
4 juin : Joseph Bonaparte devient roi d'Espagne.
15 juin : Murat devient roi de Naples.
22 juillet : Capitulation de Baylen.
27 septembre : Entrevue d'Erfurt.

1809
22 avril : Victoire d'Eckmühl.
12 mai : Prise de Vienne.
22 mai : Bataille d'Essling.
12 juin : Excommunication de Napoléon.
29 juin : Première conspiration de Malet.
6 juillet : Victoire de Wagram.
6 juillet: Napoléon fait enlever le pape.
26 août : Le pape refuse l'investiture canonique aux évêques français.
15 décembre : Divorce de Napoléon et de Joséphine.

1810
17 février : Réunion de Rome à l'Empire.
2 avril : Mariage de Napoléon et de Marie-Louise d'Autriche.
28 avril : Promulgation du Code pénal.
3 juin : Nouvelle disgrâce de Fouché.
9 juillet : Annexion des Pays-Bas.
septembre : Saisie des épreuves de De l'Allemagne de Madame de Staël.
13 décembre : Annexion des côtes allemandes de la mer du Nord. L'Empire compte 130 départements.

1811
20 février : Élection de Chateaubriand à l'Académie française.
20 mars : Naissance du roi de Rome.
17 juin : Ouverture d'un concile national.
18 octobre : Création de l'ordre de la Réunion.

1812
23 février : Alliance franco-prussienne.
4 mars : Alliance franco-autrichienne.
19 juin : Pie VII arrive à Fontainebleau.
24 juin : Franchissement du Niémen.
5 et 7 septembre : Bataille de la Moskowa.
14-18 septembre : Prise et incendie de Moscou.
19 octobre : Début de la retraite de Russie.
23 octobre : Coup d'État avorté du général Malet.
26-28 novembre : Passage de la Bérézina.

1813
11 janvier : Sénatus-consulte de mobilisation de 350.000 hommes.
25 janvier : Concordat de Fontainebleau.
17 mars : Déclaration de guerre de la Prusse à Napoléon.
2 mai : Victoire de Lützen.
20 mai : Victoire de Bautzen.
20-23 mai : Panique boursière à Paris.
21 juin : Défaite de Vittoria : perte de l'Espagne.
10 août : Déclaration de guerre de l'Autriche à Napoléon.
16-19 octobre : Défaite de Leipzig : perte de l'Allemagne.
16 novembre : Perte de la Hollande.
29 décembre : Rapport Lainé : réveil des assemblées parlementaires.
31 décembre : ajournement du Corps législatif.

1814
17 janvier : Défection de Murat.
23 janvier : Régence confiée à l'Impératrice.
11-12 février : Bataille de Montmirail.
9 mars : Pacte de Chaumont.
31 mars : Entrée des Alliés à Paris.
avril : Publication de De Buonaparte et des Bourbons.
2 avril : Déchéance de Napoléon par le Sénat.
6 avril : Abdication de Napoléon.
2 mai : Déclaration de Saint-Ouen.
3 mai : Entrée de Louis XVIII à Paris.
30 mai : Premier traité de Paris.
4 juin : Publication de la Charte.
23 septembre : Ouverture du Congrès de Vienne.

1815
26 février-1er mars: Retour de Napoléon de l'île d'Elbe.
20 mars : Arrivée à Paris de Napoléon.
1er juin: Assemblée du Champ-de-Mars avec proclamation des résultats du plébiscite sur l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire.
9 juin : Acte final du Congrès de Vienne.
16 juin : Bataille de Ligny.
18 juin : Bataille de Waterloo.
22 juin : Seconde abdication de Napoléon.

Restauration

1814
6 avril : Napoléon Ier signe son abdication à Fontainebleau.
4 juin : Louis XVIII octroie la Charte de 1814

1815
Les Cent-Jours
16 février : Napoléon quitte l'île d'Elbe.
1er mars : Napoléon débarque à Golfe-Juan avec 800 hommes.
5 mars : Le 5e régiment d'infanterie de ligne étant devant Grenoble, Napoléon seul face aux fusils convainct la troupe de se rallier à lui. Le lendemain c'est le 7e régiment d'infanterie de ligne qui se joint à sa troupe.
20 mars : Napoléon arrive aux Tuileries. Début de la campagne des Cent-Jours en Belgique.
9 juin : Fin du Congrès de Vienne (nov. 1814-juin 1815).
16 juin : Victoire de Napoléon à Ligny, contre les troupes prussiennes du général Blücher.
18 juin : Défaite de Napoléon à la bataille de Waterloo, contre les troupes anglo-prussiennes des généraux Wellington et Blücher.
22 juin : Napoléon abdique pour la seconde fois. Juin-septembre : « Terreur blanche » exercée par les bandes royalistes contre les partisans de la Révolution ou de l'Empire.
8 juillet : Louis XVIII de retour à Paris (seconde Restauration).
14-22 août : élection de la « Chambre introuvable » dominée par les ultra-royalistes.
24 septembre : le duc de Richelieu, un ancien émigré d'esprit modéré, devient premier ministre.
26 septembre : constitution de la Sainte-Alliance en Europe.
20 novembre : second traité de Paris ; occupation de la France, qui est ramenée à ses frontières de 1790.

1816
5 septembre : dissolution de la Chambre par Louis XVIII.
Octobre : nouvelles élections, victoire des conservateurs (modéré).

1817
Févier : nouvelle loi électorale censitaire (réservé aux personnes payant un certain niveau d'impôts); moins de 90 000 Français peuvent voter.
20 septembre : élections législatives, succès des libéraux.

1818
Octobre : élections législatives, nouveau succès des libéraux. Congrès de Paris
30 novembre : retrait anticipé des troupes d'occupation de France, suite au paiement anticipé des indemnités de guerre exigées par les Alliés.
Décembre : démission du duc de Richelieu, et formation du gouvernement Dessolles, axé sur la gauche. Decazes en est le principale acteur.

1819
11 septembre : élections législatives : troisième succès des libéraux.
Novembre : démission du ministère Dessolles, auquel succède le duc Decazes.

1820
13 février : assassinat du duc de Berry, fils de Charles X, neveu de Louis XVIII et héritier de la dynastie, par un bonapartiste pour étindre la dynastie bourbon. La Duchesse de Berry se trouve être enceinte de "l'enfant du miracle"
21 février : démission de Decazes, second ministère Richelieu composé de constitutionnels du centre-droit soutenu par les ultras, qui marque la fin de la période libérale de la Restauration.
Mars : lois restreignant les libertés individuelles et la liberté de la presse (rétablit censure et autorisation préalable).
12 juin : Loi du double vote
Novembre : élections législatives, nette victoire des ultra-conservateurs.

1821
5 mai : mort de Napoléon à Sainte-Hélène.
Octobre : élections législatives, renforcement de la majorité ultra qui entre en opposition avec le duc de Richelieu.
12 décembre : démission du duc de Richelieu, et formation du ministère Villèle, purement ultra.

1823
Avril : Expédition d'Espagne (1823) est un succès, les français restaure le roi Ferdinand VII.
24 décembre : dissolution de la chambre des députés.

1824
Février-mars : élections législatives, victoire écrasante des ultras.
16 septembre : mort du roi Louis XVIII. Charles X

1825

29 mai 1825 : Charles X, frère de Louis XVIII, est sacré roi de France, et renoue avec la tradition des sacres à Reims.

1827

Novembre : élections législatives anticipées après dissolution, victoire des opposants libéraux.

1828
5 janvier : formation du ministère Martignac, promouvant une politique de libéralisme modéré.
18 juillet : loi sur la liberté de la presse, supprimant l'autorisation préalable.

1829

6 août : Charles X renvoie Martignac pour sa politique trop modérée et charge un ultra, le prince de Polignac de

1830
18 mars : adresse des 221 (députés) constatant le désaccord du Parlement avec le gouvernement.
16 mai : « dissolution de 1830 » de la Chambre par Charles X.
Juin-juillet : élections législatives, l'opposition libérale devient majoritaire.
La révolution de Juillet :
  • 26 juillet : publication de quatre Ordonnances de Saint-Cloud par Charles X, restreignant les libertés individuelles et de la presse et dissolvant la Chambre.
  • 27-28-29 juillet : révolution à Paris, les « Trois Glorieuses ».
  • 2 août : abdication de Charles X (avec le contreseing de son fils, le dauphin, « Louis XIX ») en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux, « Henri V ». Les Chambres ne le reconnaissant pas, les Bourbons décident de s'exiler.
  • Hésitation de 1830
  • Louis-Philippe Ier « roi des Français »

Monarchie de juillet

1830
9 août : Constatant la vacance du trône (Hésitation de 1830), les Chambres proclament Louis-Philippe Ier roi des Français (et non plus roi de France).
2 novembre : formation du ministère Laffitte, chef des libéraux du « Mouvement (Monarchie de Juillet) ».

1831

13 mars : Déconsidéré par les émeutes, Laffitte démissionne et est remplacé par Casimir Perier, chef des conservateurs.

1832
Grande épidémie de choléra.
16 mai : Casimir Perier meurt du choléra lors de l'épidémie qui ravage Paris durant mars-avril. Louis-Philippe assume lui-même la direction du gouvernement jusqu'en octobre.
5-6 juin : insurrection républicaine à Paris, 800 morts.
12 octobre : formation du ministère Soult et début d'une instabilité gouvernementale.

1833
28 juin : Loi Guizot imposant la construction d'une école publique élémentaire à chaque commune, et instituant des écoles normales dans chaque département.
Dissolution de la principale association républicaine, la société des droits de l'homme qui n'aboutira qu'à sa transformation en société secrète.

1834
Soulèvements républicains à Lyon et à Paris.
13 avril : Répression de la Révolte des Canuts à Lyon

1835
26 février : ordonnance de Guizot instituant les inspecteurs de l'école primaire.
28 juillet : attentat de Fieschi -républicain Corse- contre Louis-Philippe.
Septembre : lois répressives contre l’opposition républicaine.
Loi sur les chemins de fer

1836
30 octobre : Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'ex-empereur Napoléon Ier, tente de soulever la garnison de Strasbourg.

1839
2 mars : élections législatives après la dissolution de la Chambre des Députés.
12 mai : émeutes à Paris. Formation du ministère Soult, après deux mois de crise gouvernementale.

1840
1er mars : Thiers forme un gouvernement composé d'hommes de gauche.
6 août : nouvelle tentative de Louis-Napoléon Bonaparte à Boulogne. Il est emprisonné au fort de Ham.
15 octobre : nouvelle tentative d'attentat contre Louis-Philippe.
20 octobre : démission de Thiers, suite à un désaccord avec le roi sur la politique étrangère.
29 octobre : formation du ministère conservateur Soult-Guizot.

1842

9 juillet : élections législatives. Le ministère Soult-Guizot obtient une courte majorité.

1843
2 mai : inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, Paris-Rouen
Marx a Paris

1846
25 mai : Louis-Napoléon Bonaparte s'évade du fort de Ham.
1er août : élections législatives donnant la majorité absolue au centre conservateur au pouvoir.
Octobre : terrible inondation de la Loire.

1847
9 juillet-25 décembre : campagne des banquets d'avant session parlementaire. La gauche réformiste milite pour une réforme de la loi électorale censitaire. Suite à l'interdiction des réunions politiques, les opposants se rencontrent et s'organisent lors de banquets.
28 décembre : le discours royal d'ouverture de session parlementaire et l'affirmation du refut de réforme relance la Campagne des banquets
(chemin de fer du Centre jusqu'à Bourges)

1848
22-24 février : révolution de 1848, à Paris à la suite de l'interdiction d'un banquet. Abdication de Louis-Philippe Ier en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, mais sa légitimité n'est pas reconnue par la Chambre.
25 février : formation d'un gouvernement provisoire et proclamation de la IIe République.

Auteur Pierre Guimbretière. Source Wikipédia





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