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Les Amis de Talleyrand
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Biographie

'On apprend a faire ses adieux a ceux qui partent jusqu' au jour ou on fait ses adieux à ceux qui restent.'

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord est un homme d'état et homme politique ayant oeuvré dans la période mouvementée allant de l'Ancien Régime au Premier Empire, en passant par la Révolution Française.

Pour ceux qui découvrent ce grand personnage qui a construit notre Histoire, vous trouverez ci-dessous le principal. Pour les plus connaisseurs, vous trouverez des documents de détails tout au long de cette page et à la rubrique Publications.

Résumé et dates clées 

En supplément de cette page, vous pouvez consulter deux documents de référence de membres de notre association :
- biographie par André BEAU
- biographie par Pierre COMBALUZIER

Le diable boiteux


Né le 2 février 1754 à Paris, et mort le 17 mai 1838 à Paris également, il a connu et et servi successivement les gouvernances de Louis XVI, la Révolution et ses revirements, Napoléon Bonaparte, Louis XVIII, Charles X, et enfin Louis-Philippe,

Fin diplomate, il est considéré comme un maître en la matière. Il a aussi mis sa finesse d'esprit et son intelligence au service de questions économiques et financières.

Issu d'une vieille famille de haute noblesse, les Talleyrand-Périgord, il a débuté sa vie d'adulte comme ecclésiastique. Licencié en théologie, il devient Agent Général du Clergé (1780-1791), puis évêque d'Autun (1788-1791). Il abandonne ses charges ecclésiastiques pour se consacrer à ses activités politiques. Il devient ainsi président de l'Assemblée Nationale (février 1790), ministre des Relations Extérieures (1797-1799/1799-1807), Président du Gouvernement Provisoire (avril 1814), Ministre des Affaires étrangères (1814-1815), Président du Conseil des Ministres (1815), Ambassadeur de France au Royaume Uni (1830-1834).

Rarement un personnage public fut autant controversé. Adulé par certains, haï par d'autres, autant par ses contemporains que par les historiens, ses méthodes déconcertent et ne peuvent pas laisser indifférent.

Surnommé le 'diable boiteux', parfois serviteur zélé parfois traite, cette personnalité a donné lieu à une citation célèbre, attribuée à Napoléon 'vous êtes de la merde dans un bas de soie !'. Cependant il est reconnu comme un libéral, pacifiste et homme des Lumières. On lui doit, directement ou indirectement, la nationalisation des biens de l'Église, l'Institut de France, le Traité de Paris (1814) qui fait la paix avec les Alliés, et la création de la Belgique fédérée actuelle. Ces sujets historiques sont détaillés à la rubrique POLITIQUE.

L'épicurien raffiné

Depuis son plus jeune âge suite à un accident, ou sa naissance du à une hérédité (ce point est controversé), Talleyrand avait une particularité physique handicapante : il avait un pied-bôt. D'après ses mémoires, cette infirmité lui aurait valu le désamour de ses parents et une enfance délaissée, à l'avantage de ses deux frères.

Fervent amateur de la gente féminine, on lui prête de nombreuses 'amies' et une épouse, Madame Catherine Grant , dont certaines ont servi indéfectiblement sa cause en affaires, en faisant jouer leurs relations. Il eu un fils batard, Charles de Flahaut, et probablement d'autres enfants.

Gastronome et fin gourmet, en mets et en vins, il était aussi réputé pour le raffinement de son art de vivre et l'intelligence cultivée de ses conversations. Il a habité plusieurs lieux, selon ses fonctions, a été nommé Prince de Bénévent (Italie, nord-est de Naples) par Napoléon, où il ne mis jamis les pieds, mais sa demeure refuge fut le château de Valençay, acheté en 1803 au comte de Luçay à court d'argent. Ancien manoir féodal du XIIème siècle, largement remanié, entouré d'une propriété de 12000 hectares, il servi de prison dorée pour les princes d'Espagne de 1808 à 1813.
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Talleyrand par Prud'hon
Talleyrand
Signature de Talleyrand
Talleyrand caricature
Talleyrand par Gérard
Talleyrand
Talleyrand

2000 ans d'histoire, Patrice Gélinet (France Inter) - 25 mai 2007

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Famille, ami(e)s et ennemis 

L'enfant mal aimé ?

La famille Talleyrand-Périgord descend d'Aldabert, comte de Périgord, vassal d'Hugues Capet (990). Les parents de Charles-Maurice résident à Versaille à la cour de Louis XV. Son père, Charles-Daniel, était chevalier de Saint-Michel et lieutenant général; son oncle, Alexandre-Angélique, archevêque de Reims, puis cardinal et archevêque de Paris.

Talleyrand lui-même, dans ses mémoires, décrit son pied-bot comme la conséquence d'un accident survenu à ses 4 ans. Il est plus probable que Talleyrand ai souffert du syndrome de Marfan, une maladie héréditaire.

Cette infirmité aurait provoqué la déchéance de son droit d'aînesse par ses parents. De ses trois frères, l'ainé est mort enfant. Son cadet, Archambault, prend donc sa place pour le tire, les biens et la transmission du patrimoine familial. C'est également à ses frères cadets que reviennent les honneurs d'une carrière militaire et de mariages avec de riches héritières.

Il passe une partie de son enfance à l'écart de ses parents. D'abord chez une nourrice du faubourg Saint-Jacques pendant quatre ans. Puis trois ans avec son arrière-grand-mère, Madame de Mortenart-Rochechouart, au château de Chalais en Charente, fief historique des Talleyrand. S'ensuit un internat au collège d'Harcourt jusqu'à ses 15 ans. Puis placé chez son oncle archevêque, il entre au séminaire Saint-Sulpice à 16 ans.

Épouses, maîtresses et enfants.

Si Talleyrand n'a eu qu'une seule épouse, on lui prête de nombreuses maîtresses. Ses relations intimes portent sur des durées plus ou moins longues, mais ont la particularité de ne pas occasionner de rupture conflictuelles. Talleyrand est resté ami avec ses ex-conquêtes !

Son premier amour fut au séminaire, de 18 à 20 ans, avec Dorothée Dorinville, une actrice de la Comédie Française.

S'en suit la comtesse Adélaïde de Flahaut, avec qui il a un fils en 1785, le seul enfant assurément de lui, Charles de Flahaut.

Puis se succèdent Madame de Staël; une 'magnifique négresse' durant son séjour à Philadelphie; Agnès de Buffon qu'il demanda en mariage; Victoire Oeben, dont il aurait eu un fils qui n'est autre qu'Eugène Delacroix, le peintre, ... et bien d'autres !

Arrêtons-nous un instant sur Catherine Noël Worlee, ex Madame Grant, qu'il épouse en 1802 après avoir obtenu non sans mal une autorisation ambiguë du pape pour se marier (somme toute, il était évêque !). De cette union, mais avant mariage, serait née une fille, Charlotte, en 1799, déclarée de père inconnu. Il en devient toutefois le tuteur en 1807. Il se sépare officiellement de Catherine en 1816.


Enfin, il rencontre en 1808, à l'entrevue d'Erfurt de Napoléon et Alexandre Ier, le tsar de Russie, Dorothée Von Biron, princesse de Courlande, agée alors de 15 ans, et sa mère, Dorothée également, la Duchesse de Courlande. Il obtient l'arrangement du mariage de Dorothée avec son neveu, Edmond de Talleyrand-Périgord, et installe ainsi mère et fille à Paris. La mère, une femme de 48 ans dans toute sa splendeur, devient alors sa maitresse (lui en avait 55).

La fille, d'une beauté et d'une intelligence extrême, remarquées par tous, fini par se séparer de son volage mari qui passe son temps à la guerre dans les campagnes Napoléoniennes et accumule des dettes en jeux d'argent. A partir du congrès de Vienne, de 1814 à 1815, elle devient intime avec son oncle par alliance, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, de 39 ans son ainé. Elle ne le quittera plus, le suivant à Paris, Londres, et Valençay. Une de ses filles, Pauline, est probablement de lui. Elle prend le titre de Duchesse de Dino (de part sa parenté par alliance : c'est sa nièce), petite île au large de la Calabre, attribué à Talleyrand par le roi des Deux Siciles, Ferdinand Ier.

Ses contemporains, partisans et détracteurs.

Outre ses nombreuses relations féminines qu'il n'hésitait pas à employer à des fins politiques, Talleyrand ne laissait pas indifférent son entourage masculin.

Les réactions furent souvent haineuses, de part les ennemis qu'il s'était fait : 'les ultras (pour qui il était un révolutionnaire), l'Église catholique (se souvenant de la confiscation des biens de l'Église), les jacobins (pour qui il était un traître à la Révolution), les bonapartistes (qui lui reprochaient la trahison d'Erfurt)' (source Wikipedia). Fouché, Napoléon après la trahison, Chateaubriand, Victor Hugo, se sont fendus de quelques bons mots diffamatoires restés célèbres.

Peu enclin lui-même à la riposte, ses amis ou admirateurs se chargeaient de le défendre : Lamartine, Balzac, Goethe, Sainte-Beuve entre-autres.

Il entretiendra une amitié de 17ans avec Pierre-Paul Royer-Collard, avocat et homme politique.
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Caricatuture 'Dites tout à tous' - © collection P. Maillard
Caricature 'L'homme aux 6 têtes'
Pierre-Paul Royer-Collard
Catherine Brant
Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino

Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino
Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino

Propriétés et lieux de vie 

Château de Chalais (Charente)

Demeure historique de la lignée des Talleyrand par Agnès de Chalais épouse Hélies de Talleyrand. Les Talleyrand prennent au XIIème siècle le titre de Princes de Chalais.

Charles-Maurice y passa 4 ans dans son enfance auprès de son arrière-grand-mère.

En 1883, il fut légué par le dernier Prince de Chalais à la ville pour en faire un hospice.

En 2011, il est vendu à l'artiste Yves Lecocq qui en a entreprit la restauration.

Les demeures parisiennes

Éminemment parisien pour ses activités et sa famille, le panorama de ses lieux de vie ou patrimoines à Paris ou sa banlieue est impressionnant.

Il est né rue Garancière et a été en nourrice dans un faubourg. Pensionnaire au collège d'Harcourt (actuellement Lycée Louis le Grand), puis au séminaire de Saint-Sulpice, il a terminé ses études par la théologie à La Sorbonne.

Son premier logement était le Pavillon de Bellechasse rue Saint Dominique. Après un rapide séjour à Versaille pour les états généraux, il louera l'hôtel Bochart de Saron jusqu'en 1792.

A son retour d'Amérique en 1796, il loge à Auteuil puis à l'hôtel de Gallifet, puis l'hôtel de Créqui rue d'Anjou, puis l'hôtel de Matignon-Monaco et achète enfin en 1812 l'hôtel de la rue Saint-Florentin, ou il est mort.

Vendu à la famille Rothchild, il a été occupé dès 1948, puis acheté en 1950 par le gouvernement américain, toujours actuel propriétaire, pour en faire le siège administratif du plan Marshall.

Les années d'exil.

Prudemment exilé volontaire à Londres, il y a occupé [[[ à compléter ]]]
Puis par la force des choses en Amérique [[[ à compléter ]]]

Château de Valençay (Indre)

Comme souvent, une villa gallo-romaine précéda un château médiéval,du Xème ou XIème siècle. Il revient à la Maison d'Estampes en 1451, et d'importantes transformations débutent en 1520, jusqu'en 1620, pour en faire un château moderne.

La Maison d'Estampes cède le château et ses terres en 1747. Il passe à travers les mains de plusieurs propriétaires, pour être vendu à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord en 1803 par le comte de Luçay à court d'argent, pour 1,6 millions de francs. Talleyrand chargea Jean-augustin Renard d'embellir la propriété. Largement remanié, entouré de 12000 hectares, bien que n'étant pas situé sur la Loire, il fait parti des plus prestigieux de ce style architectural. Il servi de prison dorée pour les princes d'Espagne de 1808 à 1813.

Talleyrand y vécu à partir de 1816. Il fut maire de Valençay et remis en exploitation la filature du château. Il fit don de terrains, d'un clocher et d'un nouveau cimetière à la commune.

Toujours propriété des Taleyrand par descendance de son petit neveu Napoléon-Louis, fils de la Duchesse de Dino, il accueilli secrètement les œuvres du Musée du Louvre pendant la seconde guerre mondiale.

Depuis 1979, il appartient à une association regroupant le département de l'Indre et la commune de Valençay.

Il est le siège de notre association, mais accueille surtout des visites et activités touristiques et culturelles. www.chateau-valencay.fr

Château de Löbichau

Propriété de Dorothée Duchesse de Courlande. [[[ à compléter ]]]

Château de Bouges-le-château (Indre)

Construite en 1765, à proximité de Valençay, cette belle demeure de type château à l'italienne a été acheté par Talleyrand en 1818, probablement pour sa maîtresse en concubine Dorothée de Courlande, Duchesse de Dino. Il le revend en 1826.

Bourbon-l'Archambault (Allier).

Cette commune est réputée pour ses sources thermales, découvertes par les romains, rendues célèbres au XIIIème siècle et redécouvertes au XVIIème.

Souffrant de complications et d’inflammations du fait de son pied-bot, Talleyrand y fit une trentaine de cures entre 1799 et 1832.
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Château de Chalais
Château de Valençay par Fraipont
Château de Valençay - © M. Chassat
Château de Valençay, carte postale

Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat
Château de Valençay, l'entrée - © M. Chassat

Le gastronome 

'Le meilleur auxiliaire d' un diplomate, c'est bien son cuisinier'

Accusé de tous les vices par ses ennemis, il avait de façon certaine celui des jeux d'argent et de l'opulence. Mais faut-il aussi lui reprocher la bonne chère et la finesse de sa table alors que ce travers là a servi des desseins diplomatiques ?

A l'Hôtel Saint-Florentin, la cuisine occupe tout un quartier (source Wikipedia). Diplomates, préfets, ecclésiastiques, médecins, financiers et hommes d'affaire se succédaient à sa table à Valençay.

Toujours entouré de cuisiniers hors pair, il employa les services du célèbre pâtissier-cuisinier Antonin Carême, 'le roi des chefs et le chef des rois'. Il l'emmena dans ses bagages pour représenter la France au congrès de Vienne. Les cuisines du palais Kaunitz avaient été louées le temps du congrès, et tous les matins Talleyrand y descendait pour donner ses instructions, mais surtout recueillir les informations tombées dans les oreilles de l'équipe Carême qui servait en salle.

On connait sa préférence pour les vins sucrés, le Xérès et surtout pour le Madère. Pour autant il achète en 1801 le déjà célèbre cru bordelais Château Haut-Brion pour 255.000 francs. Il le rendra 300.000 en 1804. Pure opération spéculative ?

Les questions de bouche étaient de tout premier ordre pour lui, tellement qu'il laissa des instructions très précise sur les mets et vins à servir à ses hôtes forcés de Valençay, les Princes d'Espagne assigné à résidence par Napoléon : '... Lambert donnera pour vin d'ordinaire du vin de Valençay à toutes les tables. Pour autre vin, il servira celui de Bourgogne qui s'avance...'.

On rapporte également l'anecdote d'un repas regroupant convives anglais, italiens, suisses, hollandais, au-cours duquel Talleyrand réussi à faire sacrer le brie 'roi des fromages'.
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Les cuisines de Valençay - ©Pyperpote (JL. Cauffry)
Etiquette Château Haut-Brion
Met de poisson
Antonin Carême

Les cuisines de Valençay - ©Pyperpote (JL. Cauffry)
Les cuisines de Valençay - ©Pyperpote (JL. Cauffry)

Santé et infirmité 

Qu'il soit congénital comme le pense les spécialistes, ou accidentel comme le rapporte Talleyrand lui-même, le pied-bot lui a très certainement occasionné une enfance malheureuse.

De sa vie d'adulte, nous avons témoignage d'un appareillage orthopédique imposant, avec des épisodes inflammatoires qui devaient provoquer de fortes souffrances. Pour les atténuer, dès 1800 à 46 ans, Talleyrand faisait presque chaque année une cure thermale à Bourbon-l'Archambault. Il y allait accompagné de sa suite et de son médecin, une piscine lui été réservée ainsi qu'un accueil particulier que l'on qualifierait aujourd'hui de VIP. Il fit 2 ou 3 infidélités en changeant pour Cauteret, Bagnères-de-Bigorre et Wiesbaden, mais revint finalement à Bourbon-l'Archambauld.

Nous trouverions son hygiène de vie assez particulière. Il ne faisait qu'un seul repas, le soir, mais qui en valait trois !

Sur la fin de sa vie il se fragilise. En 1832, il a alors 78 ans, il tombe et prend un mauvais rhume.

Il passe ses dernières années à Valençay dans un fauteuil roulant offert par Louis-Philippe : c'est celui de Louis XVIII, retrouvé aux Tuileries !
Appareillage du pied-bot de Talleyrand
Appareillage du pied-bot de Talleyrand

Appareillage du pied-bot de Talleyrand
Appareillage du pied-bot de Talleyrand



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